vendredi 20 octobre 2017

Infinies flâneries en bonne compagnie...


R.G.

Deux lettres qui semblent familières à qui suit ce blog.
R.G. est mon ami depuis quatorze ans. Depuis mes quatorze ans aussi, d'ailleurs.

En cette grise journée de début octobre, il a été convenu entre nous qu'il était temps de passer une journée ensemble. Ensemble, nous le sommes depuis midi et ensemble nous resterons jusqu'à 22h.

Une fois n'est pas coutume, R.G. a enfin obtenu que je change mes habitudes et dévie de mes traditionnels circuits de marche en ville. Ce n'est pourtant pas en des lieux inconnus que R.G. m'emmène, mais simplement des lieux moins urbains, moins fréquentés d'Alençon... Sauf par les propriétaires de chiens, ces derniers étant de très efficaces repoussoirs à Tontons Gilles.

C'est aux abords du collège Racine que nos détours nous conduisent. En face du gymnase Louvrier jouxtant une sortie secondaire dudit collège, se situe un bien joli étang.

L'air n'est ni chaud ni froid. Il est juste humide. Pourtant nous sommes bien en automne : la couleur des feuilles des arbres nous l'indique, tout comme leur étalement sur le sol, dans les hautes herbes et même dans les airs.
Cet étang est un coin de paix quand il ne se trouve pas de maître qui fasse jouer son toutou à "rapporte la baballe", activité que ma phobie et moi désapprouvons vigoureusement à moins de cent pas de mon espace vital.

La chance semble nous sourire; alors que nous entrons dans ce petit espace vert à travers les interstices des haies qui l'entourent, nous n'entendons aucun bruit canin, ni humain, ni ne percevons le moindre mouvement alentour.
Tout au plus percevons-nous le bruit exécrable de ces chariots à essence qui circulent à vive allure non loin... Ainsi que l'agressive mélodie d'un taille-haies non loin.

La mare s'étend devant nous.
Alors que j'avise une petite jetée de béton devant nous, R.G. s'empresse de s'asseoir sans un mot sur son bord.



Pourquoi R.G. est-il mon ami, encore et toujours, après tout ce temps ?
Parce qu'il a notamment l'art de comprendre mes intentions avant même que je ne les formule dans ma tête. Cette image sera la première d'une petite série que je m'empresserai de conserver, au petit matin.



Il est à présent grand temps de s'attarder en ces lieux...

lundi 16 octobre 2017

Au soleil de septembre...



Quelle chaleur !

Septembre n'en finit pas de tergiverser. Les pluies affrontent les moments estivaux, les feuilles tombant au sol concurrencent le verdoiement féroce de nombreux arbres et le promeneur ne sait donc plus comment s'habiller...

En vérité, R.G. et moi n'y sommes pas les plus sensibles. Lui se moque bien de ces ridicules convenances qu'on nomme "adaptation de la tenue à la météo du moment" et aime porter des sweat-shirts en plein été par presque 30°C à l'ombre. Moi, mon indécision sur la tenue à adopter est généralement tranchée en faveur des tenues les plus estivales... Que voulez-vous, je ne suis guère frileux.

C'est ainsi qu'un spectacle aussi saugrenu que la météo du mois s'offre à nous, place du Champ Perrier : la boule décorative de Noël installée en décembre 2016 et démontée début janvier de cette année est de retour, en plein septembre, à plus de trois mois de son prochain démontage, alors que l'été indien semble nous faire signe et que le soleil brille encore haut dans le ciel.


Mon ami s'allonge sur un banc pour lire.


...Quant à moi, que puis-je faire ?

dimanche 8 octobre 2017

Une obturation bien obtuse...


R.G. et moi-même rions.
Nous rions, mais le coeur n'y est pas.
R.G est mon compagnon de photographie préféré; son oeil acéré voit tant de choses que je ne vois pas. En résultent des images toujours très différentes des miennes, même à partir d'un seul et même sujet pris en même temps.
Aussi, la panne soudaine de son appareil, au début de notre balade, n'a pas de quoi nous réjouir.

Il est vrai que dans notre monde capitaliste, l'obsolescence organisée est un vrai problème, aussi bien pour ce qui est de la mode que pour ce qui est de produits censés être pérennes vu le prix déboursé.
Nos appareils photos ont une durée de vie limitée. Pourtant nos deux reflex font partie de cette gamme "expert" qui leur confère une durée de vie quatre fois plus importante que celle des modèles d'entrée de gamme.

Hélas ! Cent fois hélas ! Que ce soit par obsolescence organisée ou par la simple et cruelle action des lois de la physique, nos boîtiers ont la vie dure en notre possession. En celle de R.G. tout particulièrement, lui qui a longtemps pratiqué une photo tous-terrains, par tous les temps, dans toutes les positions les plus acrobatiques possibles, au mépris des risques.
Comme si cela ne suffisait pas, il est aussi de cette espèce de photographes qui, après avoir pris l'habitude de la rafale à haute vitesse dans le cadre de la photo ornithologique, a du mal à déclencher au coup par coup, quitte à ne faire qu'une seule prise de vue d'un sujet.
Cela aussi fatigue l'appareil. Au bout d'un moment son niveau d'usure s'en ressent.

Tout de même,  cela correspondrait au total à quatre fois plus de déclenchements de sa part que de la mienne, pour un temps seulement deux fois plus long... me dis-je, tandis que mon ami m'avise d'ombres intéressantes...
Au fond de mon coeur, j'espère qu'il n'a pas dépassé la garantie du nombre de cycles d'obturation.

Le bruit de mon déclencheur me semble plus triste à cette idée...

mercredi 4 octobre 2017

La rue des Carreaux...


Cette ruelle, tous les Alençonnais la connaissent. En effet, c'est dans cette ruelle que débouchent les sorties des salles du cinéma les 4 Normandy... "Que débouchaient", devrais-je dire; le cinéma ayant déménagé dans de nouveaux locaux en périphérie de la ville, ses anciens locaux sont à présent désaffectés. Une nouvelle enseigne quittant le centre-ville pour des endroits plus accessibles financièrement, au prix d'une désertion de plus en plus marquée du centre-ville par les commerces.

Cette ruelle n'est, il faut le dire, pas idéalement située pour attirer l'oeil. Coincée entre la Place du Palais et la Grande Rue, entre l'ancien cinéma et un opticien, elle ne paie, de plus, pas vraiment de mine, avec son étroitesse et son apparence plutôt glauque, apparence renforcée par la hauteur des bâtiments qui l'entourent, rendant souvent cette ruelle sombre et plus humide que le reste du centre-ville.

Comble de malchance, cet endroit n'est fréquenté que par de rares piétons; aucune enseigne n'y a son entrée et la seule ouverture de commerce qu'on y constate est la sortie de l'ancien cinéma. Pas de quoi attirer le curieux, le badaud ou le touriste qui y verra dans la journée un passage sale et dans la nuit un potentiel coup-gorge de série B.

Pourtant, en cette journée de septembre, R.G et moi nous y arrêtons; les récentes pluies ont évidemment détrempé le sol de ce coin sombre, où l'humidité stagnante donne quelques reflets intéressants à l'endroit.
Armé de mon grand-angulaire, prêté pour l'occasion, mon ami tente quelques photos.
Quant à moi, je m'essaie vite fait à l'exercice, entendant mon ami pester, sans trop y croire. Deux photos seulement me suffiront.
Après tout, ce n'est pas un endroit très attirant. Très peu photogénique, a priori...

Pourtant...

dimanche 1 octobre 2017

Ambiances au Café du Théâtre...


Le Café du Théâtre est un de ces endroits plaisants à fréquenter, un de ces bistrots à l'ambiance quelque peu old school, où plane encore l'esprit des bars qui emplissaient la France dans les années 60.

R.G. et moi-même y avons établi, ce jour-là, notre quartier général l'espace d'une heure. Mes parents nous y avaient rejoint par hasard... Puis étaient repartis.
La météo de ce début septembre est à la hauteur de la tristesse d'un grand nombre de nos concitoyens à reprendre le travail après de belles vacances : sombre et parfois pluvieuse.

Pourtant, en cet instant, un rayon de soleil perce à travers les cumulus d'un gris sombre. Depuis la terrasse, celui-ci frappe l'entrée du bar et les tabourets près du comptoir.
Je n'ai pas de temps à perdre. Vite !


*Clic clac*

jeudi 28 septembre 2017

Histoire d'un Car-Wash...


Enfin !
Enfin, je suis venu à bout de cet endroit !

En réalité, l'immense majorité de mes photos est comme une succession de brouillons raturés et mal dégrossis, comme une somme de croquis préparatoires, préludes aux rares images que j'espère être réussies.

Il en avait fallu du temps pour commencer à tirer quelque chose de cette station de lavage.
Mon oeil m'avait depuis plusieurs années signifié que cet endroit avait un potentiel à exploiter photographiquement.
Pourtant, mois après mois, alors que je m'acharnais régulièrement, créant davantage de brouillons, davantage de croquis photographiques de cette station de lavage de voiture, je me mettais progressivement à penser que mon oeil se trompait et qu'il n'y avait sans doute rien à faire ici.

Et puis, un après-midi, en compagnie de R.G. mon ami et un des catalyseurs les plus efficaces de ma pratique photographique, en passant devant une voiture de luxe en pleine séance de nettoyage, j'eus l'intuition que le moment tant attendu était venu.


Enfin !

dimanche 24 septembre 2017

Tonton Gilles, Dieu et le rationalisme...


Je n'ai qu'un dieu d'écart avec Oussama Ben Laden.
Je n'ai qu'un dieu d'écart avec lui et pourtant, Le voilà qui me fait signe depuis son paradis céleste...

Il est curieux de se rendre compte qu'entre un athée rationaliste et un croyant fanatique prêt à tuer, la différence fondamentale de raisonnement est en réalité très ténue.
Tous deux réfutent spontanément l'existence de nombreux dieux et déesses. Des centaines, des milliers, en réalité. Et même plus encore, si l'on ajoute les différents dieux et déesses que s'inventent des enfants par millions et qui sont si éloignés des dieux des théologiens, tout comme on pourrait aussi ajouter les dieux et déesses inventés par des plaisantins afin de pointer du doigt l'absurdité des raisonnements théistes - des croyants en un ou plusieurs dieux - sur un mode pastiche.

Nombreux sont les gens avec qui je peux dialoguer sur Internet, via des forums, qui me trouvent "trop rationnel", presque dénué d'humour, trop attaché à la démonstration scientifique et trop peu sensible à la beauté du monde, ou à la beauté de l'irrationnel pur.
D'anciens camarades de classe de terminale m'ont même un jour accusé d'être "trop moral". Amusante assertion qui est à peu près aussi vide de sens concret qu'elle peut être emplie d'un sens indirect, une fois mis en relation avec cette image de rationaliste borné et froid qui me colle à la peau depuis le début de mon adolescence, juste après cette image de monsieur-je-sais-tout qui a été celle qui me suivait comme mon ombre en primaire.

Et pourtant, voilà un dieu surnaturel qui se permet de me faire signe depuis son Paradis céleste.

Je dois avouer que cette apparition divine me chiffonne. D'habitude, j'aurais simplement considéré ce magnifique jeu de lumières comme étant consubstantiel à la météo du jour, nuageuse, et à un soleil de début septembre...

Mais aujourd'hui, il est temps de le dire : Dieu me fait un signe. Pour preuve de cet événement, je ne pouvais que faire une photo.

En vérité, c'est faux. Dieu ne me fait pas signe pour être pris en photo (Dieu n'est pas à ce point narcissique, malgré une tendance tenace à souhaiter être vénéré), fût-ce par une de ses créatures humaines. Dieu est apparu après l'affichage de l'image sur mon ordinateur. Comme si l'apparition d'un dieu avait besoin d'un temps d'incubation avant de se manifester.




Ou tout simplement parce qu'une apparition divine n'existe que grâce à l'abrasion du temps sur nos souvenirs et notre connaissance des circonstances d'alors.


Alors en effet, concernant le surnaturel, il est aisé de me reprocher un rationalisme sec, un athéisme froid et dénué de toute fantaisie.
Pourtant... Que penser alors de ma passion pour la photographie et de mon hobby d'écriture sur ce présent blog ?
Cet homme-machine sans âme que l'on m'a tant reproché de tenter d'être, peut-il vraiment s'exprimer photographiquement et littérairement ?

Autrement dit : l'art est-il un processus rationnel ?

Vous avez quatre heures.

mercredi 20 septembre 2017

Ciel d'orage...


La passerelle de la gare d'Alençon est une création à la fois utilitaire et terriblement anodine, et pourtant je ne cesse de la photographier année après année...

Aujourd'hui, R.G. et moi-même sommes décidés à nous promener ensemble, et commençons notre balade par un petit saut à une enseigne de supermarché d'une mondialement célèbre chaîne de grande distribution.
Oui bon. Nous avions décidé de passer au Carrefour Market qui jouxte la gare.
Le ciel est encore tourmenté, menaçant par moments de déverser sur nos têtes de Normands une nouvelle averse. Pourtant le vent chasse progressivement la tourmente au loin. Le bleu au-dessus de nous se bat vaillamment contre le gris, le violet, le bleu, l'orange, le blanc, le rose et le noir de cette perturbation si caractéristique des temps de rentrée scolaire...

En résulte un ciel particulièrement intéressant pour les deux amis photographes que nous sommes. En effet, un ciel parfaitement bleu ne présente que peu d'intérêt, compensant la satisfaction d'une lumière aisément disponible par la déception d'un domaine céleste désespérément vide.
Heureusement, le ciel du jour est orageux, se bataillant entre lumière et ombre.
Depuis les places du parking du Carrefour Market se dévoile sous les yeux de R.G. une apparition divine qu'il s'acharne à immortaliser. Je l'imiterai peu après, mais nous y reviendrons...

En attendant, c'est la passerelle qui m'appelle, cette fameuse passerelle que je m'acharne année après année à photographier dans tous ses états...
Ici, le contre-jour est presque parfait. Ne manquerait plus qu'une présence humaine...
Un train s'arrête en contrebas de mon sujet.

Et si... ?


Maintenant !

samedi 16 septembre 2017

La ligne claire...


Une photo est comme un livre.

C'est étrange à dire, mais c'est une réflexion qui me poursuit depuis près de deux ans, et à chaque fois que j'y songe, je ne peux que m'y soumettre.

Une photo se lit comme un article de blog.
Le blog étant ce que je connais le mieux, c'est ainsi que je la conçois.

Une photo c'est une image dont la structure parle, permet d'exprimer des sentiments, des réflexions, d'annoncer une information. De nombreux journalistes ne font d'ailleurs rien d'autre quand ils écrivent leur édito, leur article, leur chronique.

Une photo peut être drôle, dramatique, informative, contemplative, douce, violente, mensongère, politiquement orientée et j'en passe.

Mais plus que tout, une photo appartient à un genre littéraire.
On ne fait pas une photo de journal comme une photo d'encyclopédie ni comme une photo vouée à être exposée, tout comme on ne fait pas un article de journal comme un article d'encyclopédie ou comme un roman.

De nombreux auteurs m'ont marqué dans ma découverte de la lecture-plaisir. Tolkien, bien évidemment, qui m'inspira de nombreuses histoires et de nombreux rêves. Isaac Asimov, également, pour sa rigueur de scientifique au service de la littérature, Primo Levi et ses terribles témoignages, Marcel Pagnol l'incontournable, pour sa nostalgie de l'enfance et beaucoup de bandes dessinées. Beaucoup, beaucoup de bandes dessinées.

Citer tous les auteurs de BD qui ont construit mon goût pour l'imaginaire, les histoires et la lecture serait un peu long, aussi j'en citerai deux parfaitement dans le sens de mon propos :
Jirō Taniguchi et Hergé.
Jirō Taniguchi est un auteur de bande dessinée japonaise, couramment appelée Manga.
Cet auteur, découvert récemment par le biais de mon ami R.G., est le plus occidental, voire le plus franco-belge des auteurs japonais. Sa façon de construire l'image, littéralement photographique, ainsi que son goût pour la contemplation m'ont permis de me retrouver dans ses personnages, souvent de manière immédiate.

Taniguchi et Hergé sont deux représentants de ce que le monde de la BD appelle "la ligne claire", ce mouvement de bédéistes dont Hergé est un des précurseurs, qui avait pour principe de privilégier un dessin allant à l'essentiel sans sacrifier à la lisibilité de l'image. Les aventures de Tintin sont un exemple parfait de ligne claire; le trait est simple et complet à la fois, facilement identifiable, sans noyer le lecteur dans les détails ni laisser trop le soin à ce dernier d'imaginer l'environnement du personnage.

Eh bien, croyez-le ou pas, mais plus je regarde mes propres photos, plus je suis convaincu que mes photos sont dans le style de la ligne claire.
Pourtant, rien de plus fourni en détails qu'une photo.

Curieusement, chaque fois que l'envie me prend de faire une photo, mon impression est que ma photo, si elle est réussie, sera facile à lire, sans surcharge d'éléments, ni détails infinis.
Peu m'importe la richesse du décor, à chaque fois que je prends une photo, j'essaie de m'approcher d'un rendu "ligne claire".

Chaque fois que je prends une photo, je la lis comme un album de Hergé ou de Taniguchi.

mardi 12 septembre 2017

Dix-huit !


Les tags...

Alençon n'est pas vraiment un musée à ciel ouvert en ce qui concerne le graffiti, le tag et l'art urbain.
Nous possédons toutefois quelques auteurs de tags récurrents. Ils ne font cependant pas l'ordinaire des tags urbains de la commune.
Le passage des artistes comme le dessous du pont ferroviaire de la fuie des vignes sont, à l'aune de l'art urbain local, de splendides exceptions notables.

Bien souvent donc, comme un peu partout, les graffitis représentent davantage une pollution visuelle et une dégradation volontaire d'un mobilier urbain qui n'avait pas spécialement besoin qu'on l'enfonce.
D'un autre côté, j'ai toujours plus ou moins pensé que le tag, le graffiti était un moindre mal lorsque pratiqué sur les supports les plus glauques de la ville ; poubelles isolées de la fuie, bancs brûlés par de véritables sagouins, murs de friches industrielles ou commerciales, et j'en passe, ont l'avantage d'ainsi davantage attirer l'oeil du passant et de rendre compte de la lente dégradation de certains équipements urbains.

C'est ainsi qu'alors que R.G. et moi remontions sur le centre-ville depuis le Parc Gustave Courbet, un graffiti attire notre attention.
Les toilettes publiques du parc sont ouvertes et ornées d'un gigantesque dix-huit noir tracé sans aucune forme d'application. Un rayon de soleil perce entre deux nuages, éclairant le mur taggé au point de rendre cette dégradation visuelle presque... intéressante ?

R.G. et moi en convenons...


Il me faudra la poster pour le premier janvier 2018 !

vendredi 8 septembre 2017

Double exposition...


C'est le moment de s'amuser !

R.G. et moi-même aimons nous promener sur les bords de Sarthe depuis de longs mois. En ce jour grisonnant d'août, nous nous essayons tous deux à une nouvelle façon de faire de la photo : les expositions multiples. Le principe est le suivant : vous prenez deux photos et vous les combinez pour en faire une troisième, composée de la superposition des deux premières.

Depuis qu'il a découvert cette option sur son boîtier, R.G. pense "expositions multiples", mange "expositions multiples", boit "expositions multiples"... Bref : vit "expositions multiples".

Je n'ai jamais été doué pour cette façon de faire des photos superposées. Toutefois, alors que mon ami, posé sur des marches au bord de l'eau, photographie des canards, me vient une idée de photo à expositions multiples. Deux seules photos. Il ne faut pas que je me rate.
Une première photo permet d'immortaliser une cane colvert sur l'eau.
La seconde fixe sur ma carte mémoire mon meilleur ami, l'appareil en main.

Hasard des prises de vue ? Compréhension subite et intuitive de la manière de faire ?
Quoi qu'il en soit, au moment où mon appareil affiche le résultat de cette combinaison, l'image fonctionne parfaitement !



Pendant ce temps, R.G se contente de réinventer sa façon de faire de la photo...

lundi 4 septembre 2017

Dans les ruines de Lassay...



Du haut de ces ruines, le second millénaire me contemple !

Et pourtant, il est clair que ces ruines-là ne sont pas un promontoire privilégié pour me contempler.
Cet endroit fait partie d'un circuit de promenade de 7km environ que mes parents et moi avons décidé d'arpenter en ce seize août.
Lassay-les-châteaux porte bien son nom; sur le domaine de la commune, trois châteaux dont deux en ruines se dressent, les uns au milieu d'un terrain vague, l'autre étant au cœur du village.

Or pour l'instant, nous voici devant les ruines du dernier château que nous comptions visiter.
Il ne paie vraiment pas de mine. A peine une arche et les ruines de deux tours émergent encore du sol.
A voir la hauteur de ces restes moyenâgeux, il nous vient la compréhension de ce que devait signifier vivre dans l'ombre de vieux seigneurs enfermés dans de hautes et froides tours méditant sur leurs blasons, sans guère pouvoir infléchir leurs lubies territoriales et guerrières ni obtenir de protection contre les pilleurs de pommes.

Tout à ces réflexions, il me vient le besoin de m'étirer le cou. Cela fait plus de quatre heures que mes deux appareils photos y sont suspendus. Fichu 7D. C'est mon numérique qui, en vérité, me cause ce début de torticolis, l'autre étant un simple argentique grand public, léger comme une plume.

J'avise alors l'écran supérieur de mon argentique; il ne me reste qu'une prise de vue. Le panorama m'attire.
Je devrais peut-être attendre d'en voir plus avant de prendre la photo, mais baste !

Je vise.

Et je déclenche...

vendredi 1 septembre 2017

Un peu plus de 61 mots sur Alençon Plage...



Ah ! Alençon Plage... Cela ne fait pas très longtemps que l'édition de cette année s'est terminée et elle me manque déjà.
Ce n'est que la troisième édition de cet événement majeur de l'été, à Alençon, et pourtant c'est comme si nous l'avions toujours connu.

Chaque semaine, je m'appliquais à faire un tour au Parc des Promenades, où tout se jouait.
On y trouvait aussi bien les parents et les enfants du quartier de Perseigne, heureux de pouvoir être comme au bord de mer pendant les jours les plus chauds de l'année, que M. le Député ou M. le Maire venus serrer des mains, se montrer au tout-Alençon et partager aussi -il faut le dire- un moment de convivialité en marge de leur travail politique.

Chaque semaine, des concerts étaient organisés, au kiosque à musique du Parc. Parmi la foule -nombreuse- des spectateurs, j'y retrouvais fréquemment les mêmes têtes; des membres du club photo de Courteille en particulier. Parfois avec leur appareil, très souvent sans. C'est ainsi que je me suis retrouvé à plusieurs reprises seul devant la scène à faire des photos des musiciens et chanteurs pour le plaisir...
...Jusqu'à ce que les Mégots me proposent de leur fournir des images de leur concert de la mi-août, par le jeu du hasard des rencontres.
S'ensuivit une petite vague de visites sur mon blog photo. Rien d'extraordinaire, mais assez pour me motiver dans la suite des événements...



... L'année prochaine, je referai des photos de concert !

lundi 28 août 2017

1250 raisons de recommencer...


2h du matin.
2h du matin et nous ne dormons toujours pas.
Il faut dire que notre journée entière de marche nous a éreinté au point que nos jambes et nos pieds nous empêchent de trouver le sommeil.
Mais plus encore, mes voisins du dessus ont eu la bonne idée de prolonger leur soirée entre amis jusqu'à cette heure tardive. Les quelques éclats de rire qui fusent ne m'empêcheraient pas de dormir si je n'avais pas si mal aux jambes.
Quant à R.G., squattant mon canapé plutôt que de rentrer chez lui à une heure si matinale, il bout.
J'ai beau connaître et comprendre les raisons de son énervement, je ne peux m'empêcher de le trouver un poil trop sensible au bruit ambiant... A moins que j'aie simplement perdu en audition ces dernières années, ce qui ne serait pas improbable.

Peu m'importe, car, alors que nous dissertons ensemble à voix basse dans ma salle, nous finissons par convenir qu'il est toujours temps de faire des photos, ici et maintenant.

C'est pourquoi nous nous équipons d'une de mes carafes, à la belle couleur violette, remplie au tiers d'eau fraîche, ainsi que de nos trépieds et de nos lampes torches.
Place à l'amusement !

En effet, le light painting, comme se nomme cette technique, consiste à éclairer un sujet selon sa fantaisie (totalement, partiellement, avec diverses couleurs, de près, de loin, en formant des dessins ou des lettres avec la source lumineuse, etc...) pendant que s'écoule le temps de pose de la prise de vue.
Et quoi de mieux qu'une carafe d'eau aux reflets violacés pour s'exercer ?

Chacun notre tour, nos appareils confortablement fixés à leurs pieds, nous prenons des variations nombreuses de cette carafe, selon divers éclairages, malgré de nombreux ratés; il n'est pas facile de maîtriser la dose de lumière quand cette dernière dépend uniquement de l'adresse du photographe.

Soudain, une révélation s'offre à moi : j'ai oublié de régler la sensibilité de mon appareil, toujours fixée à une valeur fantaisiste -pour le cas présent- de 1250 ISO.


Quel délicieux prétexte pour tout recommencer !

jeudi 24 août 2017

Couchant de feu...


Encore une journée qui s'achève...
R.G. et moi-même avons passé l'intégralité de l'après-midi ensemble, comme souvent depuis quelques mois. Nous aimons passer du temps à photographier et à nous promener à Alençon et ses environs.
Notre plat de pâtes est à peine englouti que nous attaquons le fromage et le dessert. Au menu : du comté et une glace vanille-fraise.
Petit à petit, je vois depuis la fenêtre de ma salle la lumière du jour colorer de doré les Réservoirs de la rue du même nom.
R.G. est sur le départ, à présent. Il a encore un peu de route à faire.
C'est en se dirigeant vers l'entrée qu'il m'apostrophe.

R.G. m'affirme qu'il y a à la fenêtre de la cuisine un ciel comme il y en a peu. Je m'approche et, effectivement, le ciel de cette soirée est à la fois subtil dans ses variations nuageuses et colorimétriques et d'une chatoyance infinie de nuances d'or et d'orangé ! R.G. se met à essayer quelques clichés de ce décor féerique avec son téléobjectif. Pour ma part, j'ai beau être fasciné par ce genre de ciels, j'ai l'habitude d'en voir plusieurs fois par mois depuis mes fenêtres et n'y prête que peu attention.

Pourtant, quelques secondes à peine après le départ de R.G., je regarde de plus près cet étrange ciel et décide de finalement l'immortaliser, à tout hasard, depuis ma cuisine.
Plus les photos s'accumulent, plus je deviens convaincu par les thèses de mon ami. Ce ciel est exceptionnel !


Une petite minute plus tard, je reçois un SMS de sa part.



Ah ! Si seulement je lui avais prêté un 18-55mm...

dimanche 20 août 2017

Saxo'n'Roll !


Le bruit est assourdissant !

A cet instant, je me demande bien ce qui m'a poussé à venir si près de la scène. Moi, Tonton Poil, suis pourtant un grand amateur de silence, de calme, de volupté et de paix.
Me voilà pourtant les pieds touchant une enceinte d'une taille plus que respectable, délivrant des Watts et des décibels à plein régime !
Oh ! Il serait injuste pour autant de prétendre que la musique n'était pas plaisante; au vu des applaudissements nourris des Alençonnais présents sur le sable d'Alençon Plage, celle-ci semble faire consensus. Une belle musique de Rock'n'Roll contemporain, à l'équilibre sonore travaillé, aux textes fouillés, à l'inventivité assumée !

Pour ma part, il m'est difficile de me concentrer à la fois sur la musique et sur mon activité du moment; car bien entendu, que puis-je faire d'autre que photographier ?
Ce groupe déchaîne son énergie depuis le kiosque des Promenades avec la conviction et la passion qui mènent tant de jeunes musiciens. De quoi être admiratif. Pourtant je n'en perçois qu'un mélange informe de notes, de sons, de voix et de vibrations. La musique n'est pas exactement mon fort.

Soudain, un des membres du groupe saisit un saxophone ! L'occasion est trop belle. Clac ! Clac ! Clac ! Dans la boîte !

Le concert continue de plus belle alors que le saxophoniste repose son instrument et saisit à nouveau sa guitare. J'avise le coin où traîne ce rutilant objet. Les lumières de la scène donnent une allure singulière au groupe et à ses outils.
Ce saxophone, je dois le mettre en boîte !



Quelle magnifique soirée !

mercredi 16 août 2017

Un lutin dans la ville...



Les lutins aussi aiment se promener en ville.
N'en déplaise à cette espèce surnaturelle de sylvestres, je connais un très aimable Lutin qui m'accompagne régulièrement dans les rues d'Alençon, en quête du cliché parfait.

En vérité, obtenir le cliché parfait c'est comme obtenir une information parfaitement fiable sur internet : peu importe notre acharnement, nous savons tous que c'est impossible.
Ce n'est donc pas de la photo parfaite que ce billet va vous entretenir, mais d'un de ces accidents photographiques desquels résultent une image intéressante.


Il se trouve que je prête régulièrement certains de mes objectifs à mon meilleur ami, R.G., dont je vous ai longuement parlé à plusieurs reprises. Récemment, et comme souvent, ce dernier m'avait emprunté mon 50mm, un objectif très prisé des photographes amateurs pour sa polyvalence et son incroyable luminosité. Le hasard fit que cet emprunt, qui devait n'être que de quelques heures, aboutit finalement à une durée d'emprunt de plusieurs jours, ce qui ne me gênait nullement mais commença à créer une certaine impatience de réutiliser cet objectif, trop souvent vissé sur mon vieil argentique.

C'est donc par une journée nuageuse de juillet que je le récupérai et me mis en tête de faire quelques photos avec, accompagné du Lutin.
Un tel objectif s'apprivoise généralement plutôt vite, mais il n'est pas toujours évident de réaliser que ses capacités étendues de réglages de la profondeur de champ ne sont pas nécessairement adaptées à la photo de rue.
C'est donc sans grand espoir de faire maintes et maintes photos que nous nous promenions dans le quartier Saint-Léonard, quartier historique d'Alençon s'il en est.
Alors que nous remontions une des rues vers le centre-ville, j'avisai un plan potentiel, agrémenté d'un Lutin rouge et blanc. Sans guère d'enthousiasme, je dois l'avouer, car le décor n'était guère palpitant et j'imaginais déjà supprimer la photo résultante le lendemain matin, blasé de cet échec.

Pourtant, à cinq mètres de distance, avec une profondeur de champ qui, par chance et par erreur, se trouvait être minimale donna un flou intéressant, détachant très nettement mon Lutin de coeur du décor, renforçant les couleurs vives qui l'habillaient.

C'est ainsi que le lendemain, aux aurores, je me jurai d'utiliser plus souvent ce 50mm pour la photo de rue.

L'intérêt d'une photo tient à si peu de choses...

samedi 12 août 2017

Une farandole de mots...



Soleil,
Chaleur,
Fleurs,
Roseraie,
Rumeurs,
Ville,
Abeilles,
Butineurs,
Songes,
Silence,
Éblouissement,
Paix,
Liberté,
Douceur,
Vivacité,
Rapidité,
Légèreté,
Coruscation,
Couleurs,
Odeurs,
Parc,
Promenade.

Et pour finir,
Une photo.

mardi 8 août 2017

Nitrate d'argent...


Je te conseille d'augmenter le contraste, Gilles. Ça renforcerait le graphisme. Et tu peux sans doute augmenter le temps de pose.

Le professeur du club photo est toujours de bon conseil; en numérique comme en argentique, son expertise est reconnue.
Nous sommes quatre compères entassés dans un petit laboratoire argentique au sous-sol de l'espace Pyramide, dans les vapeurs d'acides et la chaleur d'un été caniculaire.
Cela fait un an que je m'essaie à l'argentique. Petit à petit, grâce au soutien des différents dinosaures de l'argentique, j'ai fini par apprendre à tirer une photo 10x15cm par mes propres moyens. Cette photo n'est pas la première, mais c'est une de celles qui me plaisent le plus sur cette pellicule celluloïd.

J'actionne l'agrandisseur, effectuant quelques derniers réglages de filtre et de temps de pose. Je me fixe sur un temps de 28 secondes et enclenche le minuteur. Moins d'une demi-minute plus tard, j'emporte le papier RC dans le premier bain.

Glissée dans le révélateur, face cachée, l'image commence doucement à apparaître. Je n'ose pas encore la retourner et contempler le résultat.
Une minute de bain, et je retire l'image, toujours face opposée à ma vue, l'égouttant doucement. Les dernières gouttes sont tombées. Hop ! D'un mouvement souple du poignet, la photo glisse dans le bain d'arrêt.
Il ne faut que quelques secondes à ce second bain pour agir. Je décide alors d'oser regarder l'image sous la lumière rouge dans le bain du fixateur.
Les autres membres du laboratoire argentique me taquinent avec humour, espérant la réussite de mon tirage, sinon demain, neuf heures dans le bureau du directeur !, comme il est de coutume de plaisanter au sein de notre club...

Les photos des autres dinosaures arrivent progressivement dans le fixateur. Il est temps d'allumer la lumière blanche.


Ma photo est réussie. Le professeur est content de moi. Les images de chacun sont jugées, jaugées, critiquées par l'ensemble des membres présents. Pour moi doit commencer une longue attente de dix minutes avant un rinçage de trente minutes.




Je vais en tirer une deuxième.

vendredi 4 août 2017

Ici et ailleurs...



Un silence de plomb s'est installé sur la place Foch. Les spectateurs, épars, plongés dans l'obscurité ne pipent mot lorsque les premières fusées s'envolent vers le ciel.
Les détonations de ces feux d'artifice résonnent dans un silence religieux...


...Non. Ce n'est pas tout à fait la réalité. La réalité du moment est bruyante, emplie des exclamations du public, des cris des enfants réclamant à être hissés sur les épaules des parents, des parents demandant à leurs enfants de se tenir correctement, des gens de tous âges et de tous milieux applaudissant au moindre instant de répit dans le spectacle du moment.
Oui, en cette nuit du 13 juillet, il y a un véritable vacarme, un vacarme joyeux, un vacarme festif.

Pourquoi ai-je l'impression de ne rien entendre ?
Parce qu'en cet instant, en cette série d'instants découpés par morceaux de six secondes, je suis installé, tenant fermement mon trépied et contrôlant régulièrement l'exposition de mes photos.
Dans ma bulle photographique, rien ne m'atteint. Ni le bruit,  ni l'agitation, ni la foule, ni les cendres qui, avec le vent, sont emportées vers les spectateurs.

Dans ma bulle photographique, je suis seul au monde, dans un silence sacré et, pour tout dire, un sacré silence...





Dieux que je suis heureux d'être là et d'être ailleurs à la fois... Au cœur de la fête !

mardi 1 août 2017

L'heure dorée...


Nous sommes à l'heure dorée.
L'heure dorée du matin, plus exactement.
R.G. et moi sommes partis tôt en chasse de belles images. Dès 6h du matin, en vérité. Le soleil n'est levé que depuis peu, et déjà l'atmosphère commence à chauffer, signe d'une nouvelle journée de feu.
Nous nous dirigeons nonchalamment vers le Crédit Mutuel du Point du Jour pour prendre un peu de liquidités. Nous savons déjà que nous allons passer la journée ensemble, sans même nous être consultés.


Ces amitiés sincères et tenaces, c'est ce que nous recherchions depuis des années, lui et moi, à l'époque où le hasard nous permit de nous rencontrer.
Ce fut ensuite par la ténacité de R.G. et par des passions communes que nous finîmes par devenir inséparables.

Une de ces passions est la photographie.

A proximité du Crédit Mutuel, un passage à travers un HLM attire notre regard. Des lattes de bois traité, disposées sur les parois, sont judicieusement éclairées par le soleil encore naissant. Nous commençons à prendre des photos de cette précieuse lumière.
Je me rapproche des lattes. R.G. me demande de poser pour lui, l'appareil à la main.
Il me propose d'en faire de même. L'occasion est trop belle...




Même dans l'ombre, R.G. a une allure d'artiste...

vendredi 28 juillet 2017

Le sphinx fou...


Des années qu'il nous nargue !

Lui, c'est le moro-sphinx, ou sphinx fou. Son nom le plus courant, c'est "sphinx colibri", sobriquet rappelant à l'entomologiste confirmé qu'il s'agit bien d'un papillon issu d'une longue lignée de papillons de nuit ainsi qu'à l'ornithologiste amateur qu'il est un animal nerveux, au battement d'ailes frénétique, butineur aussi acharné que rapide.

Depuis des années, le Lutin d'Ecouves tente, tant bien que mal, de le saisir en vol, lui qui ne reste qu'une seconde au même endroit, dans le meilleur des cas.
Cela faisait des années que moi aussi, j'espérais tant pouvoir le saisir au vol. J'y avais renoncé, convaincu que seule la ténacité et l'équipement d'un professionnel pouvaient venir à bout de cet papillon fou.

C'était sans compter sur R.G.

R.G. n'est pas qu'un photographe passionné, c'est aussi un de ces photographes perfectionnistes qui s'acharnent des jours, des semaines, des mois voire des années avant de s'estimer satisfait d'un sujet.
Au contact de ma famille, il a, à de nombreuses reprises, reçu de véritables cours d'entomologie amateur de la part de mes parents, instituteurs à la retraite et éternels curieux.
C'est tout naturellement qu'un beau jour de juin, alors qu'il arpentait les rues d'Alençon, il attrapa la fièvre du sphinx fou.

Se confiant à moi, m'expliquant son nouveau graal photographique, il m'enrôla dans cette quête, convaincu qu'ensemble, nous pourrions venir à bout de ce maudit arthropode cocaïnomane.
Ainsi, nous nous mîmes en chasse.
Et c'est ainsi qu'un beau jour de juillet, sous un soleil beaucoup trop dur, tenant un objectif beaucoup trop lourd à bouts de bras, je commençai à avoir quelques résultats... Mon ami également.

Ce n'est jamais assez, pour R.G. comme pour moi. Néanmoins cette petite victoire commune nous remit du baume au cœur.


Demain, nous retournerons à la chasse au sphinx fou...

lundi 24 juillet 2017

L'heure des photographes...


L'aube.
R.G. et moi arpentons la Voie Verte depuis maintenant une longue demi-heure. La fraîcheur de la nuit commence à se disperser ; nous sommes en effet debout depuis un long moment, ayant osé sortir, équipés de nos reflex, avant le lever du jour, vers 5h30 du matin.

Je vois mon ami aviser un buisson sur sa droite. Pendant ce temps je tente quelques maladroites prises de vue du soleil levant. Malheureusement, l'astre du jour se cache timidement derrière une importante masse nuageuse, présageant du pire pour la journée à venir.

R.G. tente lui aussi quelques photos du ciel au levant. D'ici, nous sommes cependant gênés par la végétation et peinons à trouver un angle intéressant.
Nous décidons de nous avancer un peu plus.
Soudain, j'alerte mon ami. Ici. Et maintenant.

Ici et maintenant, le soleil commence à percer au-delà des nuages. Ici et maintenant notre vue est dégagée. C'est le moment ou jamais.
Regarder le soleil de face est une épreuve dangereuse, encore plus avec un téléobjectif, je le sais. C'est pourquoi, je tente au jugé, l'oeil loin du viseur, de trouver un cadrage passable qui permette de saisir l'instant.... Sans penser à la vue par écran arrière, pourtant activable sur mon appareil.
Peu importe. Ainsi, ma vue ne risque rien. Ainsi, je réalise quelques clichés.

Au fur et à mesure des secondes, puis des minutes, l'air se réchauffe nettement.
Nous resterons encore une vingtaine de minutes. R.G. a dans son esprit une photo de genêts qu'il essaie désespérément de réaliser.

La faim me tenaille. Levé depuis 3h30 du matin, je n'ai pas vraiment déjeûné et les magasins n'ouvriront pas avant 8h; les boulangeries, pas avant encore une demi-heure.

R.G. me fait miroiter l'espoir d'une des plus délicieuses viennoiseries du monde, à la boulangerie de la Rue Guynemer. Je tiens bon. Nous tenons tous deux bon, aussi pressés l'un que l'autre de dévorer ce délicat délice, et aussi pressés l'un que l'autre de profiter de chaque instant de cette aube, de chaque instant de cette matinée photographique.

Nous avançons jusqu'aux alentours de Valframbert. Puis décidons de rebrousser chemin.

Sur le chemin du retour, tout en dégustant nos délicieuses récompenses, nous croisons un bus Alto. Le conducteur me salue puis, s'arrêtant devant nous, échange quelques nouvelles aimables avec moi avant de repartir.


R.G. me demande :

Je suppose que c'est un ami du club photo ?



Ah ! Quelle merveilleuse façon de commencer la journée !

jeudi 20 juillet 2017

Qui osera troubler la musique du silence ?


La voûte de la basilique Notre-Dame me toise de toute sa hauteur.
Je ne suis pas venu dans ce majestueux édifice religieux par hasard ou foi. Je la connais bien, cette église, depuis cette période où je photographiais le remontage des orgues baroques du lieu, en véritable snapshoter, témoin discret et encore maladroit de son époque.

La basilique résonne du bruit de mes pas. Le déclencheur de mon appareil fait un raffut infernal à chaque nouvelle prise de vue. Il faut dire que je la connais bien, cette église, même si cette fois-ci c'est armé d'un objectif grand-angulaire que je fais mes prises de vue. Cela faisait un mois entier que j'espérais trouver l'occasion de faire ces photos au grand-angle.

Un couple de fidèles est assis devant moi. Ils me regardent passer avec une indifférence toute normande... Je remarque à cet instant que deux adolescentes se sont isolées dans un coin du transept, affairées avec leurs téléphones tactiles.

Le calme du lieu me saisit alors que j'entreprends une nouvelle photo. Bien que la prise de photos en ces lieux soit parfaitement courante ici, chacun des clac-clac de mon appareil me semble un odieux sacrilège.  Même la lumière filtrant à travers les vitraux me paraît ici plus silencieuse.

Arrivé au milieu de la nef, je lève la tête, soudain saisi de stupeur face à la majesté toujours vivace de la voûte gothique.
Ce n'est pas la puissance de Dieu que je ressentais dans tout mon corps, c'est la grandeur d'une civilisation disparue. Comment croire qu'un Dieu puisse ordonner un tel vertige et ne point développer une inaltérable foi en sa création ?

Mon interrogation, en s'envolant vers la voûte, rebondissant sur les vitraux et éclatant soudain sur une arête de pierre, m'emporte dans des rêveries cosmiques alors qu'un groupe -non, une classe !- de collégiens et leur professeur pousse la porte du lieu saint.

Cohue soudaine, brouhaha rebondissant en échos incessants, agitation frénétique et réprimandes de monsieur le curé semblent ne pas suffire à calmer les adolescents en pleine dissidence face à l'autorité relative du professeur.

Comme une bulle de savon, mes songes se volatilisent en un éclair.
Il ne me reste qu'à sortir avant qu'il ne soit plus possible de s'entendre penser, d'entendre son cerveau cogiter.

Dieux ! Que le silence est une denrée rare...

dimanche 16 juillet 2017

Ivresse...


L'été est ivre.
Oui, l'été est ivre.
Cela fait à présent plusieurs heures que mon ami R.G. et moi arpentons les rues d'Alençon en cette soirée du 21 juin. La foule est dense. Le bruit est permanent. Les lumières, omniprésentes.
Nous fendons tant bien que mal la masse des badauds venus écouter les chanteurs, musiciens et danseurs d'un jour ou de toujours, jouant parfois des coudes, frôlant de nombreux passants trop occupés à faire la fête.

Nous dirigeant vers les extrémités du centre-ville, nous empruntons le Pont Neuf. Depuis ce dernier, nous contemplons les lueurs de la passerelle reliant la Providence à la récente gare du Champ Perrier. Dieux ! Cela ne fait qu'un an et demi que ce parc et cette passerelle existent. Comment faisions-nous auparavant ?

Un peu plus loin, sur le Champ Perrier, une petite scène est installée où une chanteuse Folk aux textes emplis d'humour et de légèreté est religieusement écoutée par un public modeste mais enthousiaste.
Son fils, joueur de guitare, sous l'insistance du public, offre un bis sans sa mère.
Au sol, à quelques coudées de l'estrade, un petit groupe de jeunes adultes est affalé sur le sol, exprimant bruyamment autant sa joie de faire la fête que son  haut degré d'alcoolémie.
Je profite du bis du jeune guitariste, accaparant l'attention de chacun, pour prendre quelques photos.
Curieusement, quelques traces de pieds nus relient ce groupe de jeunes adultes éméchés à la berge de la Sarthe, pourtant plusieurs mètres en contrebas d'une pente quelque peu... raide !

Sous mes yeux, deux d'entre eux se placent innocemment sous un réverbère. Je n'ai pas le temps de réfléchir; mes réglages se font à l'instinct et, dans le pire des cas, mes photos prises en RAW permettront une retouche significative.


Le lendemain matin, à 10h, dans l'atmosphère brûlante d'un appartement aux murs de béton après une semaine de canicule, je m'attelle à développer mes photos numériques.
Une nuée de moucherons ponctue généreusement le réverbère surplombant la scène de la veille... Je ne pouvais rêver mieux.



...Et dire que j'abhorre la foule !

mercredi 12 juillet 2017

Une promenade en barque...


Une  promenade en barque.
Tout alençonnais qui se respecte a déjà arpenté les bords de la Sarthe durant les beaux jours et probablement aussi rêvé qu'un jour il puisse naviguer sur ses eaux calmes.
Or, alors que le printemps moribond laissait précocement la place à un été de feu, une telle occasion s'est présentée à moi. Depuis quelques temps, un auto-entrepreneur propose des tours en barque sur la Sarthe à tous les badauds avides de redécouvrir leur ville. Il n'en fallait pas plus pour me voir embarquer en cette journée de feu, fin juin.

Ainsi, assis au milieu de la barque, discourant avec le capitaine de la modeste embarcation des beautés de la nature, de photographie et de bonne chère, je savoure un moment de grâce. Il n'y a pas de nuages froid dans le ciel, juste l'ombre plaisante des rives, les jeux de lumière sur l'eau et le plaisir d'échanger, loin de l'agitation du quotidien... Alençon est une cité féerique pour quiconque sait l'observer. Et, alors que nous longeons sans un bruit l'arrière de la Rue des Tisons, j'avise un groupe d'arbres et leur reflet dans l'eau.
Plus encore, j'avise les troncs élancés de ces habitants des rives et déclenche la prise de vue.

Un léger vent caresse avec tendresse mes joues à cet instant. Un couple de demoiselles ailées se forme à ma droite. Soudain, le pilote de l'embarcation se fait piquer par un taon. Grommellements.
Aussi étonnant qu'il paraisse, nous n'entendons que les oiseaux chanter, les insectes vrombir et la barque fendre les eaux paisibles de la Sarthe.

Je refais quelques photos, alternant entre contemplation béate et réflexions photographiques.
Deux pêcheurs nous saluent.
A l'endroit de la Fuie des Vignes, nous sommes comme à la campagne.

Le temps suspend son vol.

samedi 8 juillet 2017

Une charrette blanche...


Une charrette blanche.

Le Lutin d'Ecouves et moi-même prenons souvent le temps de nous promener ensemble, chacun équipé de son appareil photo. Lui a une préférence marqué pour son petit hybride Panasonic tandis que, de mon côté, je ne jure que par mon lourd reflex Canon. Peu nous importe au fond, car seuls comptent la créativité, la justesse du cadrage, l'originalité du regard et le plaisir d'user nos chaussures de marche ensemble.

Il fait chaud, ce 14 juin. Nous avons pris, après réflexion, la route vers le Chevain, petite bourgade à un saut de puce d'Alençon. C'eût pu être une promenade de santé comme tant d'autres.
Mais il fait chaud, ce 14 juin.
La descente le long de l'avenue de Courteille, sans presque aucune ombre, puis de la rue Marchand-Saillant jusqu'au pont du Chevain, descente monotone et très urbaine, voit une seconde partie de notre balade la remplacer, entre le pont du Chevain, où commence officiellement cette petite commune, jusqu'au bourg même via une piste cyclable entourée de buissons. Enfin ! Un peu d'ombre... Et pourtant à cette heure encore trop proche du midi, l'ombre tant espérée se fait bien souvent désirer.


Nous arrivons finalement au Chevain. Sympathique commune dont l'immensité de la mairie et de l'arboretum attenant paraissent démesurés en comparaison de la modestie du lieu.

Alors que mon compagnon du jour avise l'ombre salvatrice d'un arbre de la Place, je remarque que les jardiniers communaux n'ont pas chômé : divers charrettes décoratives emplies de fleurs entourent la petite église du village, sise à droite de la mairie.
L'évidence me frappe avec la puissance d'un évangile : ceci ne peut qu'aboutir à une belle image.


A quelques mètres de moi, le Lutin d'Ecouves ne semble pas convaincu...



Et vous ?

mardi 4 juillet 2017

Question de préférence...


Même les photographes touche-à-tout ont leurs préférence...

Le samedi 6 mai 2017, je m'étais embarqué dans une camionnette du centre social de Courteille pour une destination fort loin de ma Normandie natale : l'Extrême-Orient. Enfin, plus exactement le plus grand parc japonais d'Europe, sis à Maulévrier, près de Cholet. Toute une aventure pour le photographe timide et pantouflard que je suis.

Maulévrier. Un parc immense aux accents asiatiques, essentiellement japonais.
Notre club photo s'est dispersé dans les divers chemins du parc. Quelques groupes informels d'amis se créent spontanément, en fonction des affinités et se dissolvent quelques minutes plus tard à l'occasion de points de vue à photographier laissant les uns derrière et les autres devant.

Je sais ce que tout photographe est censé faire dans un parc comme celui-là. L'exercice du jour se prête merveilleusement bien à la photo de paysage; c'est après tout vers un paysage rare que le club photo avait décidé de converger.
Aussi, comme l'ensemble de ses membres, je m'applique à prendre des photos du parc.
Le temps est encore grisonnant de ce matin. Nous sommes en milieu d'après-midi et le soleil commence à peine à percer. C'eût été de toute façon une perte de temps de rester à Alençon, où des trombes d'eau ininterrompues tombèrent toute la journée.

Un ciel gris uniforme n'est que rarement une bonne nouvelle pour un photographe paysagiste. Il peut cependant être une aubaine pour d'autres photographes.
Comme je l'ai dit, j'ai mes préférences. Une de mes préférences est de prendre en photo des branches et feuilles d'arbres surexposés sur fond blanc.
Puisque cette esthétique très japonisante se prête bien au thème de la journée, j'avise un arbre bourgeonnant, effectue mes réglages et déclenche.
L'écran de prévisualisation me satisfait pleinement; cette photo entrera dans mes préférées.





Un mois plus tard, au sein de notre centre social, nous visionnons une sélection d'une dizaine de photos par personne de cette fameuse sortie à Maulévrier.
En voyant ma photo, le professeur du club s'exclame :

Ah ! C'est bien Tonton Gilles, ça !

samedi 1 juillet 2017

Nocturne Alençonnaise...


La Nocturne Alençonnaise...
C'est le rendez-vous à ne pas manquer pour un photographe de rue. Depuis quelques années, les événements de ce type animent la ville, des beaux jours aux nuits précoces de décembre.
Je n'ai jamais su définir ma pratique en tant que photographe; quelque peu touche-à-tout sans être spécialisé nulle part, je suis tout au plus un bon technicien, en tout cas suffisamment pour pratiquer sans trop de gêne dans diverses situations, même nouvelles.
Néanmoins, c'est un fait, si ce soir-là R.G. et moi-même sommes de sortie dans le centre-ville à cette heure, c'est dans l'espoir double de manger un kebab chez Mehmet et de faire de nombreuses photos des animations proposées.
Nous commençons par faire un tour d'horizon des stands installés entre la Grande Rue et la Rue aux Sieurs. Ici, des cracheurs de feu se préparent -il faudra leur rendre visite- et là un souffleur de verre pratique son artisanat devant un public curieux et fasciné par son adresse et son art. Je prends quelques photos, à tout hasard.



Nous continuons notre balade dans la Rue aux Sieurs. Très vite les stands disparaissent de chaque côté de la rue. L'heure bleue est là et bien là. Je décide de prendre quelques clichés de l'ambiance du moment. Une poussette passe devant moi. Tous les piétons marchent dans la même direction, comme un seul homme ! La dernière prise est la meilleure. Je la marque pour ne pas la supprimer par mégarde.

 Nous arpentons quelques mètres encore et décidons d'un commun accord de faire demi-tour.

Qu'Alençon est belle, le soir...

mercredi 28 juin 2017

Canicule...


Quelle après-midi de feu !

Il est bientôt 18h et le soleil, toujours haut, continue de darder ses rayons brûlants sur la ville d'Alençon...
R.G. et moi-même revenons d'une longue marche photographique à travers la ville et les alentours. Malgré notre approvisionnement conséquent en boisson, la soif se fait sentir; nos bouteilles sont toutes vides.
Nous ne sommes d'ailleurs pas seuls à ressentir la douloureuse angoisse de nos organismes déshydratés : tous les bars de la ville sont remplis. Pas une place de libre en terrasse.
Nous décidons de prendre le chemin vers le Café du Théâtre, l'un de nos endroits favoris, et incontestablement le plus apprécié quand il nous prend l'envie de boire un expresso.

Hélas, comme partout ailleurs, le bar est assailli par les badauds assoiffés. La chance est cependant avec nous; alors que nous allions repartir, une place se libère !
Ce n'est pas l'heure de l'apéritif, et nous sommes d'ailleurs à la fois bien trop raisonnables et bien trop fatigués pour boire de l'alcool après une balade de 25 kilomètres. Nous commandons alors chacun un soda d'une célèbre marque rouge et blanche.

Nos bras commencent à prendre des couleurs. Heureusement nous avons le cuir épais et déjà renforcé par de nombreuses marches printanières sous des soleils plus cléments.
Le serveur nous apporte nos consommations. R.G. et moi-même trinquons à notre balade, la plus longue jusqu'alors, sans nous douter que, cinq jours plus tard, nous exploserions ce record de sept beaux kilomètres supplémentaires sous un soleil encore plus caniculaire...

Nos sodas résonnent dans nos corps comme une manne céleste inespérée. La fraîcheur de nos boissons et le pétillant du gaz carbonique sautant à la surface de nos verres sont autant d'instants de félicité.

Il ne me reste plus beaucoup à boire. Je me laisse tenter par cet étrange plaisir de manger le restant des glaçons, croquant à pleines dents ces petits icebergs. Chaque miette tombant dans ma gorge exalte un peu plus mon corps en pleine surchauffe. Je suis pleinement satisfait de moi.
R.G. m'adresse un sourire et quelques rêveuses réflexions...


Nous allons prendre un second soda...

samedi 24 juin 2017

Nous en avons à Sées...


Sées.
Il est tard à présent. Aux côtés de l'une des membres du club photo de Courteille, équipé de mon fidèle appareil et d'un zoom grand angle, j'arpente la place de la cathédrale en direction de la mairie.

Cette sortie dans la cité des évêques de l'Orne, je ne l'avais pas prévue. Deux jours auparavant, elle m'avait proposé de l'y accompagner. Etant tous deux de la même génération, partageant par ailleurs la même passion pour la photo, il était naturel que nous nous entendions bien. C'est ainsi que j'avais atterri là, un soir de début juin, entre deux averses.

L'heure bleue s'étend à présent au-dessus de nos têtes. Il ne fait ni franchement nuit ni véritablement jour. Nous aurions bien aimé voir les illuminations de la cathédrale, pourtant cette dernière reste désespérément plongée dans les ombres du soir.

Une autre averse recommence doucement à tomber. Aucune importance; je suis déjà trop trempé pour en être incommodé. Je pense toutefois à mon appareil, priant pour que son traitement tous temps tienne ses promesses.
La mairie vient de s'illuminer, et ça, c'est une occasion trop belle pour la rater. Bien que de nombreuses voitures stationnent sur le parc devant la belle bâtisse, je décide de prendre la photo. Après tout, elles aussi sont plongées chaque minute un peu plus dans le noir.

Je m'approche encore. Montant les quelques marches qui me séparent du perron de l'édifice, je lève la tête au ciel, lis l'immense écriteau affichant "Exposition", vois le drapeau français flotter au vent de l'orage qui s'annonce, remarque la parfaite symétrie de la façade et tente une autre photo.
J'ai beau savoir qu'il est inutile de prendre trop de photos d'affilée, j'en assure une seconde, prenant davantage garde à la rectitude de mon cadrage. Peu importe, j'aurai le plaisir immense de passer du temps à les trier demain.

Le temps passe...
Nous avons beau savoir que la cathédrale devrait s'allumer tôt ou tard, nous décidons de rentrer. Il commence à faire froid, le vent se lève et perce nos os jusqu'au bout de leur humidité.

Au-dessus de nous, un ciel tourmenté continue ses lamentations...

mardi 20 juin 2017

Les vignes d'Alençon...


Alençon résonnait encore du vacarme de la dernière averse.
Timidement, le soleil reprenait ses droits.
Quelques gouttes, çà et là, tombaient encore malgré un ciel dégagé de plus en plus franc.
Le long de la rue Labillardière, le bitume, encore détrempé, séchait à vue d'oeil.
Pendant ce temps, je marchais, pensif, songeant à la prochaine photo que je prendrais.
Au tournant de la rue, m'engageant vers le centre-ville,  je croisai le chemin de quelques courageux piétons n'ayant pas redouté les pluies d'orage. Peut-être avaient-ils été surpris par le temps. Peut-être avaient-ils un rendez-vous à honorer. Peut-être étaient-ils simplement, comme moi, insensibles à la météo. Nous sommes un jour en "di" et tous les jours en "di", il est nécessaire de marcher.
A ces heures, alors que le tantôt bat son plein, la ville bruisse légèrement au rythme des pas des retraités qui arpentent ses nombreuses rues et au son de quelques véhicules. L'heure de pointe approche lentement. Le temps des bouchons et des apéros dans les bars du centre-ville n'est pas encore venu. Elle semblerait presque endormie, cette belle cité, endormie à l'heure de la sieste...
Pourtant, dans les nombreux bureaux, agences, écoles, administrations, services publics, des milliers de fourmis s'activent au nom de leur indépendance financière. Quiconque ne pénètre pas dans ces bureaux ne pourra se douter de l'agitation sourde qui règne aux heures où les retraités sont de sortie.

Passant sous les vignes des bords de Sarthe, via une petite portion urbaine du chemin vers le Mont Saint-Michel, un trait de soleil m'éblouit à travers les feuillages suspendus.
Je m'arrête un instant. La chaleur et la lumière du soleil apaisent mes paupières closes. Un léger vent sifflote à mes oreilles.
Mes yeux se rouvrent, contemplant les vignes suspendues, le ciel et les nuages. Petit à petit les couleurs naturelles et les détails de cette scène me reviennent. Je remarque enfin ce que je savais inévitable; des perles de pluie séchant sur le dessus des feuilles, dessinant par transparence de bien belles ombres blanches et grises sur une dominante d'un vert tendre...

Il est temps de prendre mon appareil photo.
Quelques réglages rapides. 1/640e de seconde plus tard, le miroir de mon viseur se repositionne.
Je sais, avant même de l'avoir vue sur écran, que j'aimerai cette image... Peut-être sera-t-elle intéressante en noir et blanc. Ou peut-être la couleur seule révélera sa grâce.

Il me reste à continuer mon chemin...

vendredi 16 juin 2017

Peuplier...


Peuplier, que fais-tu ?
Peuplier, que vois-tu ?
Peuplier, qu'entends-tu ?
Peuplier, que ressens-tu ?

Peuplier, quel goût a la terre ?
Peuplier, que te chante l'air ?
Peuplier, que t'apporte l'eau ?
Peuplier, quels sont tes maux ?

Peuplier, étends ta cîme !
Peuplier, voici notre dîme !
Peuplier, tel est notre hommage
Peuplier, sage parmi les sages.

Toi grâce à qui l'homme comprend
Combien il faut prendre son temps.

lundi 12 juin 2017

Lik'Orne...


- ... Et à ce moment-là, elle surgira sur scène, peinte en rose et violet, montée par Edrik. Là le technicien lancera les flammes et les feux de Bengale. Vous, vous resterez en arrière pour vous assurer qu'elle ne disparaîtra pas. Ça va être du tonnerre et grâce à vous, nous ferons les premières pages de l'ensemble des journaux de Metal ! Ça va ? Vous êtes prêts ?

- Je n'ai jamais été d'accord pour cette mascarade, Ragnar. Ces créatures ne sont pas censées être des monstres de foire, encore moins des montures pour metaleux barbus de 150 kg ! Vous êtes conscient des risques que vous faites prendre à votre bassiste ?

- Y a pas plus pur d'âme qu'Edrik, monsieur. Baptême, première communion, confirmation, enfant de choeur et tout le tralala... C'est à se demander comment il a fini par devenir un si grand joueur de pagan metal !

- Mouais... Je vous rappelle que ces bêtes n'aiment pas trop les effluves de houblon et votre Edrik a tendance à en vider un petit litre avant chaque concert... La bière est peut-être bonne pour la récupération, mais en ce qui me concerne, je vais avoir beaucoup de mal à ne pas la faire ruer.

- Ne dites pas de bêtises ! Vous êtes le meilleur de toute la Normandie en matière de contrôle mental. Ce sera facile pour vous... Et puis vous aussi, vous serez à l'affiche demain matin. Le monde des Surnaturels ne va parler que de vous après ça !

- Estimez-vous heureux d'avoir de meilleurs moyens de pression que la bière et la gloire pour m'avoir poussé à accepter, vil félon... Vous le savez, tôt ou tard j'aurai ma vengeance. Je me venge toujours...

- Peut-être, mais en attendant, c'est moi qui mène la danse ! Alors profitez du temps qu'il vous reste pour la soumettre. Faites-vous une migraine s'il le faut !

- ... Très bien. Mais ne comptez pas l'utiliser pour un de vos rituels déjantés; après le concert je la relâche en Ecouves, là où elle n'aurait jamais dû être capturée.

- C'était une exception ! Une telle aubaine ne se renouvellera pas de sitôt. Et que serait notre festival si nous rations une pareille mascotte ?
Après tout, nous sommes au festival Lik'Orne !

- Amenez-la-moi qu'on en finisse, et puissiez-vous aller au Diable, tous autant que vous êtes !



- Oh mais...

... Nous en venons, justement ! Bonne préparation, Gilles !

jeudi 8 juin 2017

Lumière...



Lumière,
Tu es partout.

Lumière,
Tu éclaires tout.

Lumière,
Par-devant.

Lumière,
Par-derrière.

Lumière,
Chevauchant

Lumière,
Le ciel, le vent.

Lumière,
Toujours solaire.

Lumière,
Toujours fière.

Lumière,
Même à travers

Lumière,
L'esprit des fous.

Lumière,
Tu nous éclaires !

Lumière,
Est-ce toi ? Avoue,

Lumière,
Qui fut la Première

Lumière,
A apparaître

Lumière,
Et sera la Dernière

Lumière,
A disparaître ?

dimanche 4 juin 2017

Rétrospective psycho-photographique...



On sous-estime trop souvent ce que peut nous apporter autrui.
Il y a de cela presque deux ans maintenant, j'intégrai pour la première fois de ma vie un club de mon propre chef, bien que quelque peu incité par mon entourage et mes médecins. Tous voyaient d'un très bon oeil cette idée de m'inclure dans un groupe partageant une passion commune. Tous me répétaient à l'envi qu'en outre, cela serait un vecteur de progrès  personnel  à tous points de vue, à commencer par la photographie. Il s'agissait effectivement d'un club photo.

Dire que j'ai franchi le seuil à reculons serait mentir, mais de toute évidence, je n'y allais pas en toute confiance, échaudé que j'avais été durant mes jeunes années par des expériences malheureuses au contact de jeunes gens de ma génération, y compris dans le cadre périscolaire.
Pourtant, Dieu seul sait pourquoi, le premier jour où je pris contact avec le club photo de Courteille, j'osai l'impensable ; au cours d'initiation, alors que je n'étais qu'une nouvelle tête apparue subitement quelques minutes auparavant, je proposai au professeur d'éventuellement regarder quelques photos que j'avais sur ma clé, dans ma poche.

Etait-ce une technique du "ça passe ou ça casse" ? Etait-ce le résultat d'une alchimie si particulière, celle de la rencontre entre un professeur à la barbe fleurie prompt à mettre à l'aise tous les arrivants et un nouveau venu agréablement surpris par l'ambiance se dégageant de l'endroit ?
Etait-ce un coup de folie ? Un éclair de lucidité ? Un moment d'égarement ?

Peu importe, ce fut le premier doigt mis dans l'engrenage et celui-ci entraîna un second, pour embarquer au final la main, le bras, et l'ensemble du bonhomme avec.



De nombreux mois ont passé dorénavant. Le nouveau venu d'octobre 2015 a bien vite été refoulé dans les profondeurs insondables et pleines de microbes de l'oubli pour laisser la place à un membre de club photo à l'aise parmi les autres, chargé de quelques responsabilités à sa mesure (en particulier, l'entretien et l'écriture du blog de ce club photo), faisant consensus sur la qualité de ses compétences rédactionnelles et ne déparant pas en tant que photographe amateur au sein d'un groupe aux qualités et compétences photographiques réelles.

Plus encore, le photographe dilettante est parti bien loin, délaissant son EOS 1000D pour un matériel plus perfectionné, développant son cheptel d'objectifs, d'appareils, et surtout améliorant la qualité de ses clichés d'année en année, à son rythme.

Une photo comme celle que vous voyez au début de ce billet aurait été hors de portée pour le débutant que j'étais il y a encore peu; sauf à quelque heureux hasard.
A présent, cet épanouissement-surprise qui me permit de progresser dans de nombreux domaines est la principale raison m'incitant à me lever le matin sans rechigner.

Bien sûr, un handicap comme le mien ne s'efface pas pour autant. Même l'épanouissement apporté par ce club ne saurait effacer une maladie chronique, ni la fatigue qui en résulte et m'empêche encore trop souvent de vivre pleinement mes journées, ni les effets indésirables des traitements, ni même le poids moral de cette différence qui se fait régulièrement sentir...




...Mais il peut devenir plus léger, moins envahissant, et me permettre de ne plus être simplement ce à quoi on me réduisait - et ce à quoi je me réduisais - trop souvent : un simple handicapé.

Dorénavant, je suis photographe amateur.

jeudi 1 juin 2017

dimanche 28 mai 2017

A Maulévrier, entre deux réalités...


... Et donc, n'oubliez surtout pas : rendez-vous à 23h15 à l'entrée du parc. Suivez bien les lueurs bleues pour la visite nocturne, nous ne voulons surtout pas d'accident.

Une nuit comme celle-ci était à ne pas rater. En effet, Gilles et un groupe de photographes s'étaient donné pour mission de faire des photos au parc de Maulévrier pour la première Nocturne de la saison.
Toutefois, quelque chose chiffonnait Gilles, alors qu'il prenait le chemin balisé de bleu.

Au-delà du chemin, en terrain non-autorisé, de l'autre côté des clôtures, il était possible de deviner d'étranges lueurs. Non pas les lueurs des éclairages installés ici et là pour ravir les visiteurs, mais d'étranges lumières flottantes, d'un rose orangé, des lumières qui circulaient à grande vitesse quelques secondes avant de s'évaporer près d'un des nombreux arbres de l'endroit.

Mais peu importe ! se dit Gilles. Cette nuit est une nuit de photo, rien d'autre. J'ai mieux à faire que d'enquêter. Il s'attela alors à faire ce qu'il était censé faire, posant son appareil sur un solide trépied, errant sur les chemins du parc japonais, à la quête de plans à photographier.

Hélas le parc est grand, en vérité, et rares sont les visiteurs en cette soirée sans lune.
Rata-t-il un embranchement ? Rêva-t-il au mauvais moment ? Y eut-t-il un dysfonctionnement électrique ? Toujours est-il que soudain, Gilles se rendit compte que les ténèbres l'entouraient.
A ses pieds, le contact d'un gazon fraîchement coupé lui indiquait qu'il devait certainement se situer non loin du chemin.
L'air était frais, mais pas glacial. Un frisson lui parcourut cependant l'échine.
Tendant l'oreille, Gilles entendit des murmures. Des murmures par centaines, comme une discrète cacophonie de chuchoteurs.
S'approchant de la source des chuchotis, un bruit humide se fit entendre, accompagné d'un froid saisissant au niveau du pied gauche. Gilles écarquilla alors un peu les yeux et vit à la lueur des étoiles une étendue d'eau comme il n'en avait jamais contemplé. Cette étendue semblait l'entourer. Il comprit alors qu'il était sur un îlot, au milieu de nulle part.

Les murmures s'intensifiaient dans son dos. Lentement, il se retourna, tétanisé par ce froid qui pénétrait en lui, ce froid non-atmosphérique, ce froid qui signalait des présences non-naturelles.
Des centaines de lueurs orangées flottaient devant lui.
Certaines se mirent à tourner  devant ses yeux, dans une macabre danse dont il était le centre.
Les lueurs s'intensifiaient, Gilles commençant à perdre le sens du haut et du bas, se tint fermement à son trépied. Toutes ces lumières tournaient de plus en plus vite, de plus en plus nombreuses, le froid commençait à percer son âme de part en part, en de milliers de morsures simultanées. Les murmures des damnés se firent pressants, violents, inquisiteurs, tortionnaires à mesure que tout devenait plus pâle.
Un rire givré, maléfique, cruel résonna à ses oreilles...
Gilles s'apprêtait à perdre conscience quand un contact chaud, moite et ferme embrasa son épaule et son corps, le faisant pivoter brutalement.


Monsieur ? Vous n'êtes pas sur le bon chemin, suivez-moi !

Un des gardiens du parc se tenait devant lui, une lanterne bleue à la main, le visage sévère et amical à la fois. Une vague de chaleur se répandait dans le corps de Gilles.


Venez, monsieur. Vous n'avez pas été prudents.

Quel est cet endroit ? Que s'est-il passé ?

Peu importe, monsieur, c'est fini. Contentez-vous de suivre le chemin. Vous voulez un verre d'eau ?


Je... Non... Mais ce que j'ai vu...

Nous vous avions pourtant bien dit de ne pas vous éloigner des lumières bleues...

mercredi 24 mai 2017

Le spectre d'une menace passée...


Quelle belle journée, ne trouves-tu pas Michèle ?
Avançant sur le chemin des perles, l'appareil photo autour du cou, un couple de jeunes retraités prenait le grand air sous un soleil éclatant. Autour d'eux les oiseaux chantaient, des vaches broutaient l'herbe dans les champs et de nombreuses fourmis s'activaient au sol, rapportant quelques centaines de pucerons...

Dire que l'instant que vivaient Michèle et son mari Bernard était idyllique serait peut-être mentir, cependant. La chaleur commençait à monter et la proximité du plan d'eau apportait son lot de moustiques, au grand dam des promeneurs.


C'était en effet une belle journée.

Le circuit de grande randonnée, serpentant entre les champs, les emmenait dans un de ces fameux chemins creux qui font la beauté du bocage normand, quand soudain, un étrange frisson parcourut le bas de leur échine.
Rien ne semblait avoir changé dans cette journée, et pourtant quelque chose ne tournait pas rond.

Bernard... Bernard. Tu entends ? Ce silence...



Un cri strident venu du bout du chemin, un cri assourdissant retentit alors, un cri comme venu d'outre-tombe.
Le silence, ce silence assourdissant, reprit.

De longues minutes passèrent.Bernard et Michèle, immobiles, inquiets, semblaient hésitants.


Un jeune homme paniqué surgit devant eux, se ruant vers eux, en hurlant :

Fuyez ! Fuyez pour vos vies ! Il est là ! Fuyez pour vos âmes !

M... Mais qui ? Qui ? Que ? Qu...Quoi ?

LE NAZGÛÛÛÛÛL !

mardi 16 mai 2017

Mise au point printanière...


Salut Gilles ! Ça fait longtemps que tu n'étais pas passé nous voir ! Comme d'habitude ?

Non, juste une grenadine. Theud Rik est là ?

Dans l'arrière-salle, à sa place habituelle. Mais tu n'es pas encore en train de nous préparer un été de feu, hein ?

J'ai mieux à faire, Helsing !

Allez, une grenadine pour le sieur Gilles. Il n'est pas là l'autre lutin ?

Eh ! Un peu de respect, Helsing ! Tu sais que tu parles au chef des lutins d'Ecouves, quand même ?

Oh, excuse-moi, Theud. B...Bon je vous laisse...

Quel lourdaud, celui-là. Quand il ne sert pas son jus de chaussette imbuvable, il s'amuse avec les succubes qui fréquentent son bar... Je me demande ce qui me retient de le signaler à la Brigade des Trolls. Passons. Quel est le but de ta visite, Gilles ?

J'ai... Un cas de conscience, Theud.

C'est à dire ?


Eh bien, tu sais, j'ai l'impression qu'Odin roule secrètement pour les divinités du Sud. Et qu'il m'a manipulé pour faire de moi son arme face à Njörd. Pour le coup, si Commode avait été tué l'hiver dernier, qui sait ce qui serait advenu de notre paix ?

Gilles, tu me sembles bien naïf. Évidemment qu'Odin roule pour les divinités du Sud. C'est même plutôt un moindre mal compte tenu de la personnalité de ses adversaires. Mais le Printemps est là, et il n'est pas près de disparaître. Grâce à toi, on a pu avoir un peu de répit. Et puis, tu connais les prophéties aussi bien que moi : la bataille entre le Nord et le Sud n'aura lieu qu'au temps du Ragnarok. On n'est pas rendus. D'ici à la fin des temps, ton rôle, notre rôle est de maintenir l'équilibre dans cette région. Quitte à effectivement nouer des alliances contre-nature ou trahir le camp qu'on avait servi l'année précédente.
Ce n'est pas important qu'il t'ait manipulé. Nous sommes tous les pantins des dieux. Et pourtant, sans nous, ce serait la guerre civile. Car il y a plus puissant que les dieux...


Plus puissant que les dieux ? Qu'y a-t-il de plus puissant qu'eux ? Je me demande bien.

Le Destin, Gilles, le Destin...