lundi 16 janvier 2017

Un homme sur un pont...


Au-dessus d'une rivière,
Un homme sur un pont.
Une silhouette dans l'air,
Un homme sur un pont.
Perdu dans la brume,
Un homme sur un pont
Il éternue, il a un rhume,
Un homme sur un pont.
Arrêté sur le trottoir,
Un homme sur un pont.
On peine à le voir,
Un homme sur un pont.
Il a soudain disparu,
Cet homme sur son pont.
Tout comme il est apparu,
L'homme sur le pont.
Mirage brumeux,
Cet homme sur un pont ?
Ou preste monsieur ?
Mais au fond...


Qui pouvait-il être ?
Cet homme sur ce pont ?

jeudi 12 janvier 2017

Le Mange-Pierres...


Dans les immensités ténébreuses,
Loin sous la surface de notre monde, 
Résonne la voix, sourde, caverneuse,
Sombre, furibonde, lasse, profonde

Du premier des vieux Mange-Pierres,
Créateur des mers, de l'air, de la lumière,
Arbre du Temps et Arbre de la Mort
Arbre du Dedans, Arbre du Dehors.

Celui-ci m'annonça, une sombre nuit,
Pendant un songe, au fond d'un puits,
Que, grâce à lui, l'Hiver venait
Qu'enfin, le monde renaîtrait

Que Njörd enfin nous dominerait
Qu'enfin, le Froid Blanc recouvrirait
Nos cités, nos enclaves, nos espoirs
Nos beautés, notre vie d'un voile noir :

Celui de nos propres envies cupides,
Celui qui, chaque jour nous rendit avides.
Celui-là qui nous rendra tous livides
Enveloppés dans un linceul, impavides.

Mais, disait-il, il n'était pas trop tard
Pour que souffle le vent de l'Histoire
Et que notre monde prenne le départ
Pour cet avenir que nous voulons voir !






Pourtant, déjà, loin du Mange-Pierres,
A la surface d'un monde sans lumière,
Brûle le feu de tous les espoirs,
Qu'attise le vent de l'Histoire...

dimanche 8 janvier 2017

Invocation tardive...


Je suis la lame qui tranche les ténèbres,
Je suis la flamme qui chasse l'Hiver,
La pierre de feu, le premier cristal.

Je suis le guérisseur, la première ligne,
J'ouvre la voie au Printemps,
Je brûle les promesses d'un été à venir
Je ronge l'Ombre, mange la Mort,

Mais jamais je n'obéis au Froid Blanc.

Apparais devant moi, avatar du Feu, du Sang, du Bruit et de la Magie !





Que veux-tu qu'il arrive ? Ce rituel est ridicule... J'en viens encore à me demander pourquoi j'ai accepté de le faire.
Encore heureux qu'il n'y ait personne dans les rues cette nuit. Si la police passait, je finirais probablement la soirée au CPO...








Bon. De toute façon, je savais que ce n'était qu'une connerie d'adolescent frustré, cette invocation.
De la sorcellerie, de la magie, et puis quoi encore ? Bon, il n'y a plus qu'à...


Salut Gilles !

Aaaaaah ! Vous... vouvous ? Vous êtes qui ?

Ah. Pas de doute, Commode t'a bien retourné le cerveau avec ses sortilèges. Bon, ne bouge surtout pas et regarde-moi bien. Tu vois cette main ?

Oui, quoi...Que ? Aaoutch ! Mais ça ne va pas ?

Comment te sens-tu ?

Bizarrement. J'ai un de ces maux de crâne... Tu... Comment tu m'as retrouvé ? J'ignorais qu'on pouvait t'invoquer ?

Ne sois pas ridicule Gilles, ce n'est qu'une flamme dans la nuit. Juste ce qu'il faut pour te repérer à cent mètres à la ronde. Enfin, pour un lutin comme moi, bien sûr.

Un...un lutin ?

Misère ! Commode t'a bien amoché. Bon, allez. Rentre chez toi, je me charge de ranger ce bazar. Tu retrouveras tes souvenirs le moment venu.
Fais bien attention à toi, mon ami...


J'ai...Comme l'impression d'avoir oublié quelque chose. Quelque chose de très important...

Oui Gilles. Tu avais oublié ceci : l'Hiver est venu. Il est déjà sur nous. Et moi, j'ai besoin de ton aide pour les sortilèges de protection de la région d'
Écouves. Mais on verra ça demain. Pour l'heure, va dormir. Tu m'as l'air plus gris qu'un troll.

Commode... Commode. Il m'a joué un sale tour. Je ne suis plus bon à rien cette nuit. Bonne nuit Ô Lutin de la forêt d'Écouves.



Bonne nuit, Tonton Gilles... Et à très bientôt.

mercredi 4 janvier 2017

Contemplations photographiques...


Un soleil froid se couchait sur la plaine d'Alençon, passant derrière un arbre solitaire avant de rejoindre le monde d'en-dessous...
Un vent froid, un vent d'Est, s'était levé le matin même, chassant toute humidité du ciel normand, purifiant son azur en journée, ses nuances de roux et de marine le soir venu.
Au loin, l'oreille attentive pouvait encore percevoir la rumeur de l'autoroute.
Ma chaussure faisait craquer des brindilles à chaque micro-mouvement dans un bruit sinistre.
Quelque part dans le ciel, des buses paradaient, seigneurs rapaces contre pécores passereaux.
Les ombres s'avançaient. Les couleurs changeaient.
Même l'arbre n'était guère plus qu'une ombre chinoise étrangère à elle-même, réseau de dendrites neuronales  portées par un axone enfoui dans l'humus.
Les hameaux alentour n'étaient qu'une vague présence, celle de la route bitumée dans notre dos.
Entre l'arbre et nous, des rangées de jeunes pousses perçaient timidement la terre, attendant des jours meilleurs...
La haie bordant le champ résonnait timidement du chant de quelques rouge-gorges.



Au-delà, quelque part, la vie suivait son cours.
Loin des contemplations de deux photographes...

dimanche 1 janvier 2017

samedi 24 décembre 2016

En ces jours de Jól...


L'hiver est arrivé...
Il est arrivé comme à son habitude, avec ponctualité et un zeste de tapage. Comment aurions-nous pu l'oublier ? Comment oublier la venue des frimas hivernaux sous une pluie constante de feuilles mortes ? Comment oublier cette saison de vent et de glace, tant annoncée par les matins blancs de l'automne la précédant ?

Comment oublier que l'hiver vient quand le ciel se blanchit, quand le monde devient nuances de gris et silences pâles ?

Pourtant, l'hiver n'est pas venu seul.
Avec lui revient timidement le soleil, aux jours de Jól, pendant lesquels certains esprits libres célèbrent davantage la promesse du renouveau, du printemps, la venue des jours les plus longs et de la chaleur estivale.

D'autres préfèrent fêter la naissance d'un sauveur promis, messie de tant de nos concitoyens.

D'autres enfin, ne célèbrent en ces jours que la joie d'être réunis, réunis pour rire face à la Mort, réunis pour défier la solitude, la tristesse, la mélancolie, la fatalité, la maladie... Réunis parce que, avant tout, nous autres sommes tous liés, liés par notre condition humaine, par une sorte de tragi-comédie constante...

Ce n'est pas la venue des jours de Froid que nous fêtons. Ni la venue des cadeaux sous le sapin.
Encore moins celle de la naissance d'un messie.



Au fond, ce que nous fêtons en ces jours, ce qui est au cœur de cette veillée que nous nous apprêtons à vivre...
C'est notre espoir d'être toujours tous là dans un an, pour rire une fois de plus de la Mort.



Puissiez-vous vivre une veillée de Noël heureuse, entourée de gens qui comptent à vos yeux. Et, lorsque la journée sera Ténèbres, lorsque les lumières tamisées autour de vous et les vapeurs d'alcool feront danser vos visages dans d'étranges rondes, lorsque vos yeux et ceux de vos proches brilleront de contentement...


...N'oubliez pas de rire face à la fatalité.





JOYEUX NOËL A VOUS.