dimanche 4 décembre 2016

Commérages au coin de la rue...


-...Et il paraît donc que la grande-tante à Eustache, -Tu sais, le neveu par alliance de Gustave, celui qui s'est marié à la demi-sœur de Camille- tu me croiras ou pas, mais elle s'est retrouvée au commissariat pour complicité de braconnage. Elle et son mari ont été retrouvés avec un marcassin vivant dans le coffre de leur voiture !

- Tout de même, quelle famille ! Heureusement, la nôtre n'est pas comme ça. De toute façon, je te l'ai toujours dit : les Bessac sont une famille d'originaux qu'on ferait tous mieux de ne pas fréquenter et... mais d'ailleurs, qu'en est-il de ton fils ? Celui qui s'est mis à la photo ? Il paraît qu'on le voit rôder à des heures indues dans les rues d'Alençon. Je ne veux pas dire, mais j'ai peur qu'il file un mauvais coton...

- Eh bien, d'après ce que j'en sais, mon fiston assiste un prof de photographie dans un club photo. J'imagine qu'il s'entraîne tous les jours avec son appareil. Mais tout de même, j'aurais préféré qu'il ait un vrai métier. C'est pas avec ces bêtises qu'il va gagner sa vie, mais bon... Que veux-tu que j'y fasse ?

- Je ne veux pas paraître indiscrète, ou me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais il paraît que ton fils -enfin, c'est ce qu'on m'a dit- aurait quelque chose à voir dans la disparition inquiétante d'un promeneur en forêt d'Écouves. On raconte qu'un chasseur l'a vu partir de la scène de crime à Radon. De loin bien sûr, mais ça expliquerait pourquoi ce 16 juillet de l'an dernier il n'était pas au repas de famille...

- Gilles ? Lié à cela ? Allons sœurette ! Tout ceci n'est qu'un ramassis d'âneries, des rumeurs sans fondement ! J'ai déjà assez à faire avec ces grenouilles de bénitier qui le soupçonnent d'être un loup-garou ou un change-peau ou je ne sais quoi ! Il attire juste l'attention parce qu'il est différent !

- Moi, ce que j'en dis, c'est des rumeurs, hein... Mais tu connais l'adage : Il n'y a pas de fumée sans feu.

jeudi 1 décembre 2016

Entre feu et glace, entre ombres et lumière...



C'était un matin d'automne comme il en existe tant d'autres.
Ce jour-là, la légère brume qui avait précédé l'aube s'était dissipée dès les premiers rayons du soleil. Au-dehors pouvait se deviner une journée radieuse. Les derniers nuages étaient tous sur le départ, pressés de laisser l'azur du ciel dominer la vie à Alençon.
Quant à moi, il était évident que je ne pouvais laisser passer une si belle occasion de prendre des photos. En effet, cela faisait maintenant plusieurs mois que j'osais sortir dans la rue au lever du Roi des Astres.
La lumière d'octobre est une chose à voir, c'en est une autre de la vivre avec un appareil photo.
Le piquant de l'air se disputant avec la douceur des rayons du soleil semblait me chuchoter à l'oreille les promesses des frimas glacés d'une morte saison à venir. Nous le savons tous, nous qui vivons à ces latitudes ; invariablement, l'hiver vient.
Peu m'importait pour l'heure l'annonce du froid, du vent du nord, de la neige peut-être... Seule comptait la Lumière. Cette douce lumière dorée qui se répandait de minute en minute sur toute la ville, cette lumière des premières heures du jour qui disparaîtrait bien vite à l'approche du midi.
Entre feu et glace, lumière et ombre encore nocturne, ainsi en va-t-il de l'aube, terrain des dieux et déesses les plus incertains...
Quelle preuve pouvait-on apporter de cette ambiance particulière sinon une photographie, une de plus, jouant sur le clair-obscur de ces instants d'étrange familiarité ?
Prenant à cœur les conseils de photographes que je respectais, j'exposai alors ma photo à venir pour les hautes lumières, et CLAC !, en une fraction de seconde vint le miracle de la technologie numérique, me proposant bientôt d'admirer sur mon écran d'ordinateur le résultat de mes réflexions.

Quelques jours plus tard, j'eus à cœur d'écrire ce texte, comme témoignage de cette étrange et fraîche matinée d'automne, où, à Alençon, s'étendaient les ombres...

lundi 28 novembre 2016

Jusqu'où peut-on encore aller ?


Deux ans.
Ce blog a tenu deux ans.
J'ignore si vous imaginez un peu la chose : deux ans au rythme d'un billet tous les quatre jours, ce n'est pas rien.

Pour cette fois, je ne vais pas vous assommer de considérations, de statistiques ni de verbiages inutiles.


Je tiens juste à vous remercier, vous qui me lisez. Vous êtes un public à la fois discret et charmant avec lequel je suis ravi de partager un peu du foutoir qui encombre mon cerveau.



Merci.





Et à bientôt pour les trois ans !

jeudi 24 novembre 2016

Au-delà de l'horizon...


Cela faisait une éternité que je n'étais pas revenu en bord de mer.
Des années durant, toute mon enfance en fait, mes vacances d'été se passaient au bord de l'océan. Farniente et bronzage étant de rigueur dans ces périodes de repos, je passais de nombreuses heures sur les plages à jouer,  à construire des petites digues et des châteaux de gouttelettes de sable.
Avec le recul, j'ai pu constater que j'y avais passé de chouettes moments, sur ces plages de l'Atlantique, en compagnie d'autres enfants. Mais plus le temps passait, plus je vieillissais et plus je m'ennuyais.
Bizarrement, alors que beaucoup aiment le contact du sable et la chaleur du soleil sur leur peau, j'ai très vite cessé d'apprécier la plage. Le sable m'a toujours irrité (au sens propre comme au sens figuré), quant au soleil, la puissance de ses rayons me gênait moins que les positions impossibles qu'il me fallait prendre, allongé sur ma serviette de plage, pour lire ou discuter.
Les dernières vacances que je passai donc en bord de mer, je vis très peu la plage, préférant l'ombre et la douceur du camping, les tisanes prises sur place, allongé de longues heures durant sur un transat, de la musique vissée dans mes oreilles.

Puis, avec l'autonomie, je cessai de partir en vacances. J'avais à présent un budget à gérer, et ce dernier ne laissait que peu la place à ce genre de fantaisies. D'autant plus qu'un vent de liberté s'étant mis à souffler dans mon nouveau chez-moi, je n'aspirais qu'à pouvoir profiter de mon temps libre comme je l'entendais, et de préférence auprès de mon meilleur ami qui, lui non plus, ne partait pas vraiment en vacances durant l'été.


Le temps s'écoula ainsi durant près de sept ans. Sept ans sans noyer mon regard au-delà de l'horizon... Sept ans sans ressentir la mélancolie des Elfes quand, d'aventure, une mouette poussait son cri.
Petit à petit j'en vins presque à oublier qu'un horizon existait.




Un jour, mon ex-petite amie et moi allâmes ensemble au bord de la Manche, dans les sécurisants environs de Caen.
Dire que les retrouvailles avec les étendues infinies de la mer furent bouleversantes serait mentir. Néanmoins, je retrouvai ce jour-là une sensation perdue à travers les âges... Cette sensation qui vous fait sentir minuscule, mélancolique et émerveillé devant l'appel de Valinor...

... Par-delà l'Ouest.

dimanche 20 novembre 2016

mercredi 16 novembre 2016

Redoutez-nous !


Par-delà les Cieux,
En de lointains lieux,
Les mille Dieux réunis
Sur des trônes de buis

Pleurent notre folie,
Face à laquelle pâlit
Jusqu'au Sombre Malin
Honteux d'agir en vain.

Tous espérant de nous
Que nous finissions fous
Car les fous, disent-ils
Eux, sont tout sauf vils !

Quelle sombre colère
Habitent ces fils et frères ?
Les avons-nous faits ainsi ?
N'ont-ils pas tout, ici ?




L'hybris, céleste naïveté
A conduit ces divinités
Vers cette funeste cruauté
Qui corrompt l'Humanité

Car quelle sombre rage
Venue du tréfonds des âges
Rompit notre ancien lien
Avec nos pères Divins ?

En vérité, je vous le dis
Ce qu'aucun ne comprit :
Nous tous, les Hommes
Sommes ce que nous sommes.

Mille Dieux firent des Humains
Des pions dans leurs mains.
Mais, enfin, il arrive fatalement,
Qu'un pion morde soudainement

Et saisisse enfin sa chance
Laissant à d'autre l'omniscence
Et la pire de toutes les fatalités
Celle qui se nomme "destinée".

Aussi, Dieux, sachez-le enfin
Ceux qui nous firent aigrefins,
Vauriens, voleurs, menteurs,
Nous plongeant dans l'horreur

D'un monde sans foi ni loi
Dans les Cieux se firent rois.
Et à présent, Divins fous
Pleurez et craignez-nous !