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mercredi 1 novembre 2017

A la claire fontaine ?



Qu'est-ce qu'une fontaine ?
Cette question, le club photo de Courteille se l'est posé au début de cette année, de cette étrange année qu'est 2017. Il en était ressorti qu'une fontaine était une sortie d'eau plus travaillée qu'un simple tuyau et à vocation décorative. Dehors, jets d'eau des Promenades. Bienvenue à tous ces points d'eau qui parsèment la France et qui, finement sculptés, font partie du patrimoine local des communes où ils ne délivrent, pourtant, pas la moindre eau potable.

Il existe quelques points d'eau qui répondent à ces critères à Alençon, souvent de simples robinets un peu sculptés, figures de créatures étranges et surnaturelles ou simples modèles décoratifs pullulant dans toute la France, comme cette fontaine, là, en bas de Montsort, au niveau du gué de Sarthe...
C'est sur celle-là que je m'étais acharné quelques mois durant.
En effet, notre club organisant une exposition à thèmes chaque fin d'année, et les thèmes du jour étant "les chats" et "les fontaines", il me semblait intéressant de présenter un travail.


Hélas, cent fois hélas ! La fontaine du bas de Montsort avait beau être joliment agrémentée de quelques arbres à l'ombre subtile et mystérieuse aux heures ensoleillées, je n'arrivais à rien.
Désespéré à l'idée de proposer une quelconque photo dans le thème cette année, j'en étais à songer que je pourrais proposer une photo hors-thème, un espace au tout-venant étant heureusement réservé aux photographes peu inspirés.

C'est alors que vint mon ami R.G. Oui. Encore lui.
R.G. qui faisait à présent partie du club photo me rappela qu'il existait à Montsort une autre fontaine. Une fontaine bien plus originale dans son apparence, et, qui plus est, plus accessible à la composition photographique.
C'est ainsi que deux inénarrables compères commencèrent à faire de longs et éreintants essais photographiques au pied de cette fontaine.

Une après-midi, alors que nous commencions à nous installer devant la fontaine, nous fûmes alpagués par deux agents des services techniques de la ville, dont la camionnette, sise à moins de deux mètres nous avait fait espérer leur intervention.

En effet, ces deux techniciens communaux étaient là dans le but de redémarrer cette fontaine récalcitrante, cette fontaine qui s'était asséchée, cette fontaine qui, pourtant, gardait une grande élégance à l'aide de son bassin d'eau croupie constellé de feuilles aux ocres variés.
En moins de cinq minutes, l'eau recommença son agréable chant au milieu de la place du quartier.

Il était temps de faire des photos...

jeudi 24 août 2017

Couchant de feu...


Encore une journée qui s'achève...
R.G. et moi-même avons passé l'intégralité de l'après-midi ensemble, comme souvent depuis quelques mois. Nous aimons passer du temps à photographier et à nous promener à Alençon et ses environs.
Notre plat de pâtes est à peine englouti que nous attaquons le fromage et le dessert. Au menu : du comté et une glace vanille-fraise.
Petit à petit, je vois depuis la fenêtre de ma salle la lumière du jour colorer de doré les Réservoirs de la rue du même nom.
R.G. est sur le départ, à présent. Il a encore un peu de route à faire.
C'est en se dirigeant vers l'entrée qu'il m'apostrophe.

R.G. m'affirme qu'il y a à la fenêtre de la cuisine un ciel comme il y en a peu. Je m'approche et, effectivement, le ciel de cette soirée est à la fois subtil dans ses variations nuageuses et colorimétriques et d'une chatoyance infinie de nuances d'or et d'orangé ! R.G. se met à essayer quelques clichés de ce décor féerique avec son téléobjectif. Pour ma part, j'ai beau être fasciné par ce genre de ciels, j'ai l'habitude d'en voir plusieurs fois par mois depuis mes fenêtres et n'y prête que peu attention.

Pourtant, quelques secondes à peine après le départ de R.G., je regarde de plus près cet étrange ciel et décide de finalement l'immortaliser, à tout hasard, depuis ma cuisine.
Plus les photos s'accumulent, plus je deviens convaincu par les thèses de mon ami. Ce ciel est exceptionnel !


Une petite minute plus tard, je reçois un SMS de sa part.



Ah ! Si seulement je lui avais prêté un 18-55mm...

mardi 4 juillet 2017

Question de préférence...


Même les photographes touche-à-tout ont leurs préférence...

Le samedi 6 mai 2017, je m'étais embarqué dans une camionnette du centre social de Courteille pour une destination fort loin de ma Normandie natale : l'Extrême-Orient. Enfin, plus exactement le plus grand parc japonais d'Europe, sis à Maulévrier, près de Cholet. Toute une aventure pour le photographe timide et pantouflard que je suis.

Maulévrier. Un parc immense aux accents asiatiques, essentiellement japonais.
Notre club photo s'est dispersé dans les divers chemins du parc. Quelques groupes informels d'amis se créent spontanément, en fonction des affinités et se dissolvent quelques minutes plus tard à l'occasion de points de vue à photographier laissant les uns derrière et les autres devant.

Je sais ce que tout photographe est censé faire dans un parc comme celui-là. L'exercice du jour se prête merveilleusement bien à la photo de paysage; c'est après tout vers un paysage rare que le club photo avait décidé de converger.
Aussi, comme l'ensemble de ses membres, je m'applique à prendre des photos du parc.
Le temps est encore grisonnant de ce matin. Nous sommes en milieu d'après-midi et le soleil commence à peine à percer. C'eût été de toute façon une perte de temps de rester à Alençon, où des trombes d'eau ininterrompues tombèrent toute la journée.

Un ciel gris uniforme n'est que rarement une bonne nouvelle pour un photographe paysagiste. Il peut cependant être une aubaine pour d'autres photographes.
Comme je l'ai dit, j'ai mes préférences. Une de mes préférences est de prendre en photo des branches et feuilles d'arbres surexposés sur fond blanc.
Puisque cette esthétique très japonisante se prête bien au thème de la journée, j'avise un arbre bourgeonnant, effectue mes réglages et déclenche.
L'écran de prévisualisation me satisfait pleinement; cette photo entrera dans mes préférées.





Un mois plus tard, au sein de notre centre social, nous visionnons une sélection d'une dizaine de photos par personne de cette fameuse sortie à Maulévrier.
En voyant ma photo, le professeur du club s'exclame :

Ah ! C'est bien Tonton Gilles, ça !

samedi 24 juin 2017

Nous en avons à Sées...


Sées.
Il est tard à présent. Aux côtés de l'une des membres du club photo de Courteille, équipé de mon fidèle appareil et d'un zoom grand angle, j'arpente la place de la cathédrale en direction de la mairie.

Cette sortie dans la cité des évêques de l'Orne, je ne l'avais pas prévue. Deux jours auparavant, elle m'avait proposé de l'y accompagner. Etant tous deux de la même génération, partageant par ailleurs la même passion pour la photo, il était naturel que nous nous entendions bien. C'est ainsi que j'avais atterri là, un soir de début juin, entre deux averses.

L'heure bleue s'étend à présent au-dessus de nos têtes. Il ne fait ni franchement nuit ni véritablement jour. Nous aurions bien aimé voir les illuminations de la cathédrale, pourtant cette dernière reste désespérément plongée dans les ombres du soir.

Une autre averse recommence doucement à tomber. Aucune importance; je suis déjà trop trempé pour en être incommodé. Je pense toutefois à mon appareil, priant pour que son traitement tous temps tienne ses promesses.
La mairie vient de s'illuminer, et ça, c'est une occasion trop belle pour la rater. Bien que de nombreuses voitures stationnent sur le parc devant la belle bâtisse, je décide de prendre la photo. Après tout, elles aussi sont plongées chaque minute un peu plus dans le noir.

Je m'approche encore. Montant les quelques marches qui me séparent du perron de l'édifice, je lève la tête au ciel, lis l'immense écriteau affichant "Exposition", vois le drapeau français flotter au vent de l'orage qui s'annonce, remarque la parfaite symétrie de la façade et tente une autre photo.
J'ai beau savoir qu'il est inutile de prendre trop de photos d'affilée, j'en assure une seconde, prenant davantage garde à la rectitude de mon cadrage. Peu importe, j'aurai le plaisir immense de passer du temps à les trier demain.

Le temps passe...
Nous avons beau savoir que la cathédrale devrait s'allumer tôt ou tard, nous décidons de rentrer. Il commence à faire froid, le vent se lève et perce nos os jusqu'au bout de leur humidité.

Au-dessus de nous, un ciel tourmenté continue ses lamentations...

dimanche 4 juin 2017

Rétrospective psycho-photographique...



On sous-estime trop souvent ce que peut nous apporter autrui.
Il y a de cela presque deux ans maintenant, j'intégrai pour la première fois de ma vie un club de mon propre chef, bien que quelque peu incité par mon entourage et mes médecins. Tous voyaient d'un très bon oeil cette idée de m'inclure dans un groupe partageant une passion commune. Tous me répétaient à l'envi qu'en outre, cela serait un vecteur de progrès  personnel  à tous points de vue, à commencer par la photographie. Il s'agissait effectivement d'un club photo.

Dire que j'ai franchi le seuil à reculons serait mentir, mais de toute évidence, je n'y allais pas en toute confiance, échaudé que j'avais été durant mes jeunes années par des expériences malheureuses au contact de jeunes gens de ma génération, y compris dans le cadre périscolaire.
Pourtant, Dieu seul sait pourquoi, le premier jour où je pris contact avec le club photo de Courteille, j'osai l'impensable ; au cours d'initiation, alors que je n'étais qu'une nouvelle tête apparue subitement quelques minutes auparavant, je proposai au professeur d'éventuellement regarder quelques photos que j'avais sur ma clé, dans ma poche.

Etait-ce une technique du "ça passe ou ça casse" ? Etait-ce le résultat d'une alchimie si particulière, celle de la rencontre entre un professeur à la barbe fleurie prompt à mettre à l'aise tous les arrivants et un nouveau venu agréablement surpris par l'ambiance se dégageant de l'endroit ?
Etait-ce un coup de folie ? Un éclair de lucidité ? Un moment d'égarement ?

Peu importe, ce fut le premier doigt mis dans l'engrenage et celui-ci entraîna un second, pour embarquer au final la main, le bras, et l'ensemble du bonhomme avec.



De nombreux mois ont passé dorénavant. Le nouveau venu d'octobre 2015 a bien vite été refoulé dans les profondeurs insondables et pleines de microbes de l'oubli pour laisser la place à un membre de club photo à l'aise parmi les autres, chargé de quelques responsabilités à sa mesure (en particulier, l'entretien et l'écriture du blog de ce club photo), faisant consensus sur la qualité de ses compétences rédactionnelles et ne déparant pas en tant que photographe amateur au sein d'un groupe aux qualités et compétences photographiques réelles.

Plus encore, le photographe dilettante est parti bien loin, délaissant son EOS 1000D pour un matériel plus perfectionné, développant son cheptel d'objectifs, d'appareils, et surtout améliorant la qualité de ses clichés d'année en année, à son rythme.

Une photo comme celle que vous voyez au début de ce billet aurait été hors de portée pour le débutant que j'étais il y a encore peu; sauf à quelque heureux hasard.
A présent, cet épanouissement-surprise qui me permit de progresser dans de nombreux domaines est la principale raison m'incitant à me lever le matin sans rechigner.

Bien sûr, un handicap comme le mien ne s'efface pas pour autant. Même l'épanouissement apporté par ce club ne saurait effacer une maladie chronique, ni la fatigue qui en résulte et m'empêche encore trop souvent de vivre pleinement mes journées, ni les effets indésirables des traitements, ni même le poids moral de cette différence qui se fait régulièrement sentir...




...Mais il peut devenir plus léger, moins envahissant, et me permettre de ne plus être simplement ce à quoi on me réduisait - et ce à quoi je me réduisais - trop souvent : un simple handicapé.

Dorénavant, je suis photographe amateur.