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jeudi 24 août 2017

Couchant de feu...


Encore une journée qui s'achève...
R.G. et moi-même avons passé l'intégralité de l'après-midi ensemble, comme souvent depuis quelques mois. Nous aimons passer du temps à photographier et à nous promener à Alençon et ses environs.
Notre plat de pâtes est à peine englouti que nous attaquons le fromage et le dessert. Au menu : du comté et une glace vanille-fraise.
Petit à petit, je vois depuis la fenêtre de ma salle la lumière du jour colorer de doré les Réservoirs de la rue du même nom.
R.G. est sur le départ, à présent. Il a encore un peu de route à faire.
C'est en se dirigeant vers l'entrée qu'il m'apostrophe.

R.G. m'affirme qu'il y a à la fenêtre de la cuisine un ciel comme il y en a peu. Je m'approche et, effectivement, le ciel de cette soirée est à la fois subtil dans ses variations nuageuses et colorimétriques et d'une chatoyance infinie de nuances d'or et d'orangé ! R.G. se met à essayer quelques clichés de ce décor féerique avec son téléobjectif. Pour ma part, j'ai beau être fasciné par ce genre de ciels, j'ai l'habitude d'en voir plusieurs fois par mois depuis mes fenêtres et n'y prête que peu attention.

Pourtant, quelques secondes à peine après le départ de R.G., je regarde de plus près cet étrange ciel et décide de finalement l'immortaliser, à tout hasard, depuis ma cuisine.
Plus les photos s'accumulent, plus je deviens convaincu par les thèses de mon ami. Ce ciel est exceptionnel !


Une petite minute plus tard, je reçois un SMS de sa part.



Ah ! Si seulement je lui avais prêté un 18-55mm...

mardi 9 décembre 2014

Au bord de l'Étang...

Aux abords de l’Étang, un vieil homme avançait dans son chariot. Ce n'était pas un vieillard édenté, sec, chauve et paysan, pas plus qu'un vieillard boursouflé de suffisance, de graisse chèrement acquise, d'argent et de mépris pour les petites gens. C'était un vieil homme barbu, emmitouflé dans une robe grisâtre délavée, portant un chapeau pointu d'un bleu presque aussi gris que sa tenue et une longue barbe blanche, ce qui en ces lieux familiers impliquait force feux d'artifices et visites impromptues chez monsieur Bessac.
D'où il venait, nul ne le savait de ce côté de l’Étang. Certains l'appelaient "le trouble-paix", d'autres "le sorcier" et d'autres encore "le magicien". Ses amis, quant à eux, l'appelaient Gandalf.
Ah, Gandalf ! Si vous saviez tout ce que j'ai entendu dire à son sujet depuis que circulent des histoires, vous n'en croiriez sans doute pas le dixième, et je ne connais pourtant qu'un dixième des histoires qui le concernent, et toutes sont vraies !
Car oui, Gandalf est sans conteste un aventurier, un magicien, un sorcier, et un homme peu fréquentable pour les bonnes gens de ce côté de l’Étang. Ce vieux mage était tout à fait le genre de personnage inattendu et inapprécié de tous les notables qui ne souhaitent qu'être à l'heure pour le dîner chez monsieur le Maire ou à la réception tant attendue pour l'anniversaire de Monsieur et Monsieur Bessac, cousins et oncle et neveu à la fois.
C'est justement chez monsieur Bessac cousin et oncle du second Bessac - un certain Frodon - que Gandalf s'en allait tranquillement en chariot, un chariot synonyme comme je vous l'ai déjà fort à propos signifié, de feux d'artifices de toute beauté ; des fusées en étoiles vertes ou bleu éclaté, des tonnerres d'averses d'or et d'argent, des pluies de fleurs descendant et plus encore comme le chantaient les jeunes enfants dissipés de cet aimable pays.
En effet, Monsieur Bessac était publiquement l'ami de ce vieillard grisonnant, une honte selon l'avis commun de la population qui ne comprenait guère comment famille naguère si prestigieuse que les Bessac de Cul-de-Sac pouvaient être tombés si bas à fréquenter des voyageurs, des magiciens, des Nains, et pourquoi pas des Elfes ?
Mais j'en ai certainement beaucoup trop dit à présent. Il est temps pour le conteur de laisser place à son conte.
Voici donc l'histoire d'une réception depuis longtemps attendue...