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vendredi 4 août 2017

Ici et ailleurs...



Un silence de plomb s'est installé sur la place Foch. Les spectateurs, épars, plongés dans l'obscurité ne pipent mot lorsque les premières fusées s'envolent vers le ciel.
Les détonations de ces feux d'artifice résonnent dans un silence religieux...


...Non. Ce n'est pas tout à fait la réalité. La réalité du moment est bruyante, emplie des exclamations du public, des cris des enfants réclamant à être hissés sur les épaules des parents, des parents demandant à leurs enfants de se tenir correctement, des gens de tous âges et de tous milieux applaudissant au moindre instant de répit dans le spectacle du moment.
Oui, en cette nuit du 13 juillet, il y a un véritable vacarme, un vacarme joyeux, un vacarme festif.

Pourquoi ai-je l'impression de ne rien entendre ?
Parce qu'en cet instant, en cette série d'instants découpés par morceaux de six secondes, je suis installé, tenant fermement mon trépied et contrôlant régulièrement l'exposition de mes photos.
Dans ma bulle photographique, rien ne m'atteint. Ni le bruit,  ni l'agitation, ni la foule, ni les cendres qui, avec le vent, sont emportées vers les spectateurs.

Dans ma bulle photographique, je suis seul au monde, dans un silence sacré et, pour tout dire, un sacré silence...





Dieux que je suis heureux d'être là et d'être ailleurs à la fois... Au cœur de la fête !

vendredi 20 janvier 2017

Bulles de liberté...

Aujourd'hui, le ciel est d'azur et il pleut des bulles de savon.
Un signe d'enchantement discret et raffiné ? Une blague de nos amis lutins ?
Non, il  s'agissait de tout autre chose, cette fois-ci... Quelque chose qui se propageait dans l'air, comme un virus, quelque chose qui tenait à la fois de la contagion émotionnelle et de l'esprit de fête.  Toutefois, ces bulles que je me pris à photographier me disaient autre chose. Elles m'annonçaient un vent de légèreté qui soufflait sur la région, comme une brise de liberté et d'insouciance.
Tout autour de moi à présent, les bulles tombaient. En réalité la ville entière était noyée de bulles, bulles de savons, bulles d'insouciance, bulles-mondes personnels, bulles légères, bulles colorées...
Lorsque, d'aventure, le curieux se tournait côté soleil couchant, les bulles, pareilles à de légers flocons de neige, irradiaient d'une douce intimité l'air ambiant avant de s'éclater en silence sur les pavés du centre-ville ou le bitume des diverses rues d'Alençon.

Oui, bizarrement, dans une ambiance générale si lourde, aujourd'hui le ciel était d'azur et il pleuvait des bulles de savon.

samedi 24 décembre 2016

En ces jours de Jól...


L'hiver est arrivé...
Il est arrivé comme à son habitude, avec ponctualité et un zeste de tapage. Comment aurions-nous pu l'oublier ? Comment oublier la venue des frimas hivernaux sous une pluie constante de feuilles mortes ? Comment oublier cette saison de vent et de glace, tant annoncée par les matins blancs de l'automne la précédant ?

Comment oublier que l'hiver vient quand le ciel se blanchit, quand le monde devient nuances de gris et silences pâles ?

Pourtant, l'hiver n'est pas venu seul.
Avec lui revient timidement le soleil, aux jours de Jól, pendant lesquels certains esprits libres célèbrent davantage la promesse du renouveau, du printemps, la venue des jours les plus longs et de la chaleur estivale.

D'autres préfèrent fêter la naissance d'un sauveur promis, messie de tant de nos concitoyens.

D'autres enfin, ne célèbrent en ces jours que la joie d'être réunis, réunis pour rire face à la Mort, réunis pour défier la solitude, la tristesse, la mélancolie, la fatalité, la maladie... Réunis parce que, avant tout, nous autres sommes tous liés, liés par notre condition humaine, par une sorte de tragi-comédie constante...

Ce n'est pas la venue des jours de Froid que nous fêtons. Ni la venue des cadeaux sous le sapin.
Encore moins celle de la naissance d'un messie.



Au fond, ce que nous fêtons en ces jours, ce qui est au cœur de cette veillée que nous nous apprêtons à vivre...
C'est notre espoir d'être toujours tous là dans un an, pour rire une fois de plus de la Mort.



Puissiez-vous vivre une veillée de Noël heureuse, entourée de gens qui comptent à vos yeux. Et, lorsque la journée sera Ténèbres, lorsque les lumières tamisées autour de vous et les vapeurs d'alcool feront danser vos visages dans d'étranges rondes, lorsque vos yeux et ceux de vos proches brilleront de contentement...


...N'oubliez pas de rire face à la fatalité.





JOYEUX NOËL A VOUS.