Affichage des articles dont le libellé est clair obscur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est clair obscur. Afficher tous les articles
dimanche 8 janvier 2017
Invocation tardive...
Je suis la lame qui tranche les ténèbres,
Je suis la flamme qui chasse l'Hiver,
La pierre de feu, le premier cristal.
Je suis le guérisseur, la première ligne,
J'ouvre la voie au Printemps,
Je brûle les promesses d'un été à venir
Je ronge l'Ombre, mange la Mort,
Mais jamais je n'obéis au Froid Blanc.
Apparais devant moi, avatar du Feu, du Sang, du Bruit et de la Magie !
Que veux-tu qu'il arrive ? Ce rituel est ridicule... J'en viens encore à me demander pourquoi j'ai accepté de le faire.
Encore heureux qu'il n'y ait personne dans les rues cette nuit. Si la police passait, je finirais probablement la soirée au CPO...
Bon. De toute façon, je savais que ce n'était qu'une connerie d'adolescent frustré, cette invocation.
De la sorcellerie, de la magie, et puis quoi encore ? Bon, il n'y a plus qu'à...
Salut Gilles !
Aaaaaah ! Vous... vouvous ? Vous êtes qui ?
Ah. Pas de doute, Commode t'a bien retourné le cerveau avec ses sortilèges. Bon, ne bouge surtout pas et regarde-moi bien. Tu vois cette main ?
Oui, quoi...Que ? Aaoutch ! Mais ça ne va pas ?
Comment te sens-tu ?
Bizarrement. J'ai un de ces maux de crâne... Tu... Comment tu m'as retrouvé ? J'ignorais qu'on pouvait t'invoquer ?
Ne sois pas ridicule Gilles, ce n'est qu'une flamme dans la nuit. Juste ce qu'il faut pour te repérer à cent mètres à la ronde. Enfin, pour un lutin comme moi, bien sûr.
Un...un lutin ?
Misère ! Commode t'a bien amoché. Bon, allez. Rentre chez toi, je me charge de ranger ce bazar. Tu retrouveras tes souvenirs le moment venu.
Fais bien attention à toi, mon ami...
J'ai...Comme l'impression d'avoir oublié quelque chose. Quelque chose de très important...
Oui Gilles. Tu avais oublié ceci : l'Hiver est venu. Il est déjà sur nous. Et moi, j'ai besoin de ton aide pour les sortilèges de protection de la région d'Écouves. Mais on verra ça demain. Pour l'heure, va dormir. Tu m'as l'air plus gris qu'un troll.
Commode... Commode. Il m'a joué un sale tour. Je ne suis plus bon à rien cette nuit. Bonne nuit Ô Lutin de la forêt d'Écouves.
Bonne nuit, Tonton Gilles... Et à très bientôt.
lundi 15 décembre 2014
Clair-obscur au coeur de la nuit...
À l'ombre multicentenaire des figures de pierre, protégés par les ancestrales ciselures de la roche à même la voûte du lieu, les fidèles se recueillaient, épars, devant la traditionnelle crèche.
Alors que les ténèbres s'intensifiaient de minute en minute et que la noirceur de la nuit s'avançait à la vitesse de battements d'ailes d'un dragon, de pieuses personnes s'avançaient à la lueur des cierges, allumaient une bougie, priaient leur dieu, leurs saints, leurs saintes, demandaient leur intervention, leur intercession pour qu'enfin l'obscurité laisse place à la lumière, que le Bien triomphe du Mal et que jamais l'avancée de la nuit ne triomphe de la puissance solaire du dieu incarné qui s'était jadis sacrifié pour eux et leurs âmes.
Sans doute nombreux à ignorer toute la portée rituelle de l'allumage d'une bougie en pleine nuit, ils venaient pourtant les uns après les autres, illuminant de leur espoir l'espace vertigineux où habite ce dieu si prompt à pardonner aux Hommes leurs folies et leur ignorance.
Moi-même, jeune athée dans la force de l'âge, pourtant habitué à ne point reculer devant l'ombre déformante des dieux, je me vis quelque peu ému face à l'ambiance feutrée, calme, austère et pourtant emplie d'espérance - "Espérance", moi dire cela ? Que m'arrive-t-il ? - de cette église, lieu sacré où hommes et femmes, vieillards et enfants, venaient et viennent encore chasser les démons de leurs esprits, ces démons si particuliers qu'aujourd'hui nous appelons culpabilité, remords, angoisses, peurs, et que les psychologues appellent troubles psychiques, troubles de l'identité, troubles mentaux, phobies...
Il y a du sacré en l'humain. Non pas cette transcendance divine dont tentent de nous rabâcher les oreilles les curés lors de la messe du dimanche matin, mais bien cette immanence toute particulière de l'humain, cette déférence et cette angoisse face aux seuls esprits capables de venir nous hanter que nous y croyions ou pas. Face à la seule angoisse que partagent tous les humains : l'angoisse des morts.
Si aujourd'hui encore l'athée que je m'incline à être continue à être impressionné par la beauté respectueuse de ces lieux de culte, c'est bel et bien parce que même l'athée le plus féroce, même l'anticlérical le plus acharné salue la mort avec respect quand elle vient frapper à sa porte.
La mort est partie intégrante de la vie, et ces bougies résonnent à la fois comme un memento mori et comme un "pas maintenant".
Souvenons-nous que nous sommes mortels, et souvenons-nous de demander à la Mort "pas maintenant" lorsque de mauvaise grâce nous hantons les mêmes lieux qu'Elle.
Car voici le seul et unique dieu de l'Humanité entière : celui qui donne et reprend. Celle qui épargne et qui fauche.
Valar morghulis.
Alors que les ténèbres s'intensifiaient de minute en minute et que la noirceur de la nuit s'avançait à la vitesse de battements d'ailes d'un dragon, de pieuses personnes s'avançaient à la lueur des cierges, allumaient une bougie, priaient leur dieu, leurs saints, leurs saintes, demandaient leur intervention, leur intercession pour qu'enfin l'obscurité laisse place à la lumière, que le Bien triomphe du Mal et que jamais l'avancée de la nuit ne triomphe de la puissance solaire du dieu incarné qui s'était jadis sacrifié pour eux et leurs âmes.
Sans doute nombreux à ignorer toute la portée rituelle de l'allumage d'une bougie en pleine nuit, ils venaient pourtant les uns après les autres, illuminant de leur espoir l'espace vertigineux où habite ce dieu si prompt à pardonner aux Hommes leurs folies et leur ignorance.
Moi-même, jeune athée dans la force de l'âge, pourtant habitué à ne point reculer devant l'ombre déformante des dieux, je me vis quelque peu ému face à l'ambiance feutrée, calme, austère et pourtant emplie d'espérance - "Espérance", moi dire cela ? Que m'arrive-t-il ? - de cette église, lieu sacré où hommes et femmes, vieillards et enfants, venaient et viennent encore chasser les démons de leurs esprits, ces démons si particuliers qu'aujourd'hui nous appelons culpabilité, remords, angoisses, peurs, et que les psychologues appellent troubles psychiques, troubles de l'identité, troubles mentaux, phobies...
Il y a du sacré en l'humain. Non pas cette transcendance divine dont tentent de nous rabâcher les oreilles les curés lors de la messe du dimanche matin, mais bien cette immanence toute particulière de l'humain, cette déférence et cette angoisse face aux seuls esprits capables de venir nous hanter que nous y croyions ou pas. Face à la seule angoisse que partagent tous les humains : l'angoisse des morts.
Si aujourd'hui encore l'athée que je m'incline à être continue à être impressionné par la beauté respectueuse de ces lieux de culte, c'est bel et bien parce que même l'athée le plus féroce, même l'anticlérical le plus acharné salue la mort avec respect quand elle vient frapper à sa porte.
La mort est partie intégrante de la vie, et ces bougies résonnent à la fois comme un memento mori et comme un "pas maintenant".
Souvenons-nous que nous sommes mortels, et souvenons-nous de demander à la Mort "pas maintenant" lorsque de mauvaise grâce nous hantons les mêmes lieux qu'Elle.
Car voici le seul et unique dieu de l'Humanité entière : celui qui donne et reprend. Celle qui épargne et qui fauche.
Valar morghulis.
Inscription à :
Articles (Atom)

