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dimanche 12 juin 2016
Gobe-mouche et Gobelin...
Tu vois, Gilles, l'accenteur mouchet que tu as vu, je l'ai rencontré sur ce chemin. Je ne te dis pas le nombre d'oiseaux qu'on croise sur la Voie Verte. D'ailleurs, tu te souviens des espèces qu'on a rencontrées aujourd'hui ?
Euh... L'accenteur mouchet, donc. La corneille, le corbeau freux, le merle, la mésange bleue, la mésange charbonnière, la mésange à longue queue... La...buse ?
Oui, bon, tu en as oublié la moitié mais bon. Un jour tu y arriveras, mon ami. En tout cas, je suis ravi que tu sois venu te balader avec moi aujourd'hui. Il y a quelques années tu n'aurais même pas imaginé le faire.
Oui, certes. Mais les choses changent. Mais passons. Tu me parlais de tes rencontres dans ce coin éloigné de Valframbert. Tu en connais d'autres ?
Oui, un jour j'ai croisé un gobelin ici.
Hein ?
Oui, c'est étonnant, non ? D'habitude on n'en croise pas tellement si près de la ville, mais celui-ci buvait l'eau croupie d'une mare qu'on ne devrait pas tarder à croiser et chassait les moustiques.
Ce sont de beaux petits bestiaux, mais ils sont très vindicatifs et n'aiment pas qu'on les dérange.
Mais...maismais ? Mais comment tu t'en es sorti vivant s'il était vindicatif et que tu l'as dérangé ?
Euh... Tu sais, Gilles, c'est un simple oiseau.
Mais ? Tu disais que c'était un gobelin !
Un...? Un GOBE-MOUCHE, Gilles. Mon pauvre ami, il faut vraiment que tu ralentisses la cadence. A force de marcher à toute allure et de me distancer, tu te mets à entendre de drôles de choses. Tu es sûr que ça va ? Tu veux un peu d'eau ? Un cookie ?
Non, non ça va. Je pense simplement qu'il fait trop chaud. Après tout, l'été approche...
Ne t'en fais pas, on va bientôt rebrousser chemin. On arrive au bout de la Voie Verte. Ou de ce qui en fait office. Tu as pris assez de photos ?
Oui, mais j'en prendrais bien une dernière ici.
...Mais, au fait... Tu penses que les gobelins existent vraiment, du coup, Gilles ?
Tu ne veux pas savoir quelles créatures de légendes existent, crois-moi...
vendredi 1 mai 2015
Noires ailes, noires nouvelles...
Noires ailes, noires nouvelles...
Ils étaient des dizaines... Que dis-je ? Des centaines, perchés sur les sommets du septuaire. Le Mestre de la cité, assailli sous les messages funestes et les fientes d'oiseaux était enfermé dans le presbytère, lisant au Stark et à Monsieur le Septon les sombres missives venues d'au-delà du Mur et de tout le Nord.
De partout les morts s'étaient réveillés, de partout les vivants tombaient. Le Mur s'était effondré d'un coup, d'un seul, un son terrible comme la clameur d'un millier de géants se levant. Et puis il n'était plus rien. Le Lord Commandant de la Garde de Nuit en personne quémandait l'aide du Lord du Nord et du Roi Aerys II Targaryen contre cette invasion que nul ne semblait pouvoir arrêter.
Les derniers sauvages d'au-delà du Mur du Nord s'étaient dispersés par-delà le Don et le Neuf Don, saccageant les fermes et les villages, tuant et pillant, s'effondrant de fatigue pour revenir en morts-vivants aux yeux d'un bleu glacé.
Nul ne sait qui trouva la Corne de Joramun ni comment il fut possible de la retrouver, perdue dans l'Hiver éternel. Mais quelqu'un, quelque part à portée du Mur, réveilla les géants et ébranla jusqu'aux fondations du Mur d'un souffle formidable.
Les ailes noires ne cessaient d'affluer. Les Frey du Pont étaient à présent sous l'assaut des derniers Sauvageons et des premiers morts-vivants... Les Stark, prisonniers de leur forteresse embourbée, continuèrent à converser avec le Mestre et le Septon. L'aide des Sept n'aboutit à rien. Les anciens dieux restaient muets. Pire encore, les arbres-cœur semblaient se dessécher et mourir.
Loin au sud, à Port-Réal, Aerys Le Fol semblait sourd à leurs suppliques... Et l'avancée des Autres s'accentuait d'heure en heure.
Ainsi ils parlèrent, et ainsi ils parlèrent, ce Stark de Winterfell, ce Septon et ce Mestre.
Mais à présent la pluie pleut sur les ruines de Château Noir.
Et personne pour l'entendre tomber.
Oui, à présent, la pluie tombe sur les ruines de Château Noir.
Et aucune âme qui vive pour entendre les lamentations des morts.
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