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dimanche 16 juillet 2017

Ivresse...


L'été est ivre.
Oui, l'été est ivre.
Cela fait à présent plusieurs heures que mon ami R.G. et moi arpentons les rues d'Alençon en cette soirée du 21 juin. La foule est dense. Le bruit est permanent. Les lumières, omniprésentes.
Nous fendons tant bien que mal la masse des badauds venus écouter les chanteurs, musiciens et danseurs d'un jour ou de toujours, jouant parfois des coudes, frôlant de nombreux passants trop occupés à faire la fête.

Nous dirigeant vers les extrémités du centre-ville, nous empruntons le Pont Neuf. Depuis ce dernier, nous contemplons les lueurs de la passerelle reliant la Providence à la récente gare du Champ Perrier. Dieux ! Cela ne fait qu'un an et demi que ce parc et cette passerelle existent. Comment faisions-nous auparavant ?

Un peu plus loin, sur le Champ Perrier, une petite scène est installée où une chanteuse Folk aux textes emplis d'humour et de légèreté est religieusement écoutée par un public modeste mais enthousiaste.
Son fils, joueur de guitare, sous l'insistance du public, offre un bis sans sa mère.
Au sol, à quelques coudées de l'estrade, un petit groupe de jeunes adultes est affalé sur le sol, exprimant bruyamment autant sa joie de faire la fête que son  haut degré d'alcoolémie.
Je profite du bis du jeune guitariste, accaparant l'attention de chacun, pour prendre quelques photos.
Curieusement, quelques traces de pieds nus relient ce groupe de jeunes adultes éméchés à la berge de la Sarthe, pourtant plusieurs mètres en contrebas d'une pente quelque peu... raide !

Sous mes yeux, deux d'entre eux se placent innocemment sous un réverbère. Je n'ai pas le temps de réfléchir; mes réglages se font à l'instinct et, dans le pire des cas, mes photos prises en RAW permettront une retouche significative.


Le lendemain matin, à 10h, dans l'atmosphère brûlante d'un appartement aux murs de béton après une semaine de canicule, je m'attelle à développer mes photos numériques.
Une nuée de moucherons ponctue généreusement le réverbère surplombant la scène de la veille... Je ne pouvais rêver mieux.



...Et dire que j'abhorre la foule !

mercredi 28 octobre 2015

Petit addendum à retardement...

Alençon, le 25 Octobre 2015

(Non, je ne publie pas le jour même.)
Dans un (pas tellement) ancien billet, j'aimais évoquer le caractère unique de la ville d'Alençon, entre eau et verdure.

Je n'aime pas revenir sur mes billets. Ni pour remanier mes textes ni pour changer la moindre image.
C'est pourquoi je vous invite à relire exceptionnellement le billet "De vert et d'eau" après avoir contemplé tout votre saoul cette photo ci-dessus.

Mais j'ai aussi un petit addendum à ajouter ici, une peur à partager :

Ce que j'ai écrit sur cette ville, je le réécrirais sans hésiter, même les quelques griefs que je porte à son égard. Car bien qu'aimant profondément Alençon, je n'oublie pas combien elle a pu être délaissée au profit de quelques égos carriéristes... Ou simplement délaissée comme on délaisse un vieux jouet qui n'apporte finalement plus satisfaction avant d'être enfoui dans le carton de l'indifférence, si je puis oser une métaphore digne d'un poète du déménagement.

Je me suis toujours beaucoup plu à Alençon. J'y réside depuis aussi loin que mes souvenirs portent - et ils portent très loin.
Mais au fil des années, j'ai vu tous mes amis, tous mes cousins, toutes mes cousines.... des familles entières même, quitter Alençon.
Parce que cette ville ne propose pas (ou si peu) d'avenir pour ceux qu'on appelle "jeunes".


Pourtant, à relire ce billet dont je vous parle plus haut, la situation paraît tellement plus idyllique. En tout cas presque souhaitable.
Car c'est un fait, j'aime Alençon. Du fond du cœur.
Et c'est parce que j'aime cette petite ville, à taille humaine, que je suis inquiet pour son avenir. Que je crains chaque jour davantage pour son avenir.

Si Alençon peut encore être un endroit où il fait bon vivre, il faudrait cependant ne pas trop rêvasser. Moi qui rêve chaque jour que Dieu et Diable font, comprenez que cela me coûte d'avancer ceci.
Alençon a perdu ses jeunes. Elle a perdu un semblant d'attrait pour ces derniers. Ils ne veulent presque jamais faire leur vie ici.
Qu'arrivera-t-il quand les autres auront passé de vie à trépas ? Que restera-t-il ?