vendredi 24 mars 2017

Possédé...


Il me regarde de ses grands yeux énigmatiques. Il me regarde et, je le sais, il lit dans mon âme comme chaque représentant de son genre.
Il me regarde, d'un air faussement innocent, espérant me faire croire à la pureté de ses intentions.
Il me regarde et pourtant, au fond de ses yeux se cache mon propre reflet, car ça y est ! mon âme est désormais sienne.
Il me regarde, puis s'approche lentement vers moi, tel l'être psychopompe qu'il a toujours été, prêt à me dévorer, me hanter et me consumer.
Nous le savons, cet être au regard énigmatique nous possède d'ores et déjà.
Que fait-il à notre esprit ? Nous sentons ses immenses tentacules mentaux prendre le contrôle de nos pensées, de nos songes, de notre volonté. Réduits à une simple machinerie nous ne voyons plus que lui. Il n'y a soudain aucun voile entre nous et son âme de feu ! Nous sommes deux et nous sommes un, un avec lui et deux avec nous-même ou... Ou bien avec lui ? Mais qui est "nous" ? Qui est-il ? Quelle folie s'empare donc de notre mental ?
Nous devrions résister à son commandement, mais cela est bien trop difficile ! Ne rompez pas notre concentration, Maître ! Nous devons... Oui nous devons vous déposer quelques offrandes, pour votre immense mansuétude, Ô Maître Vénéré. Puissiez-vous régner sans partage sur notre faible espèce humaine.

Gloire à vous, Ô seigneur Chat !

lundi 20 mars 2017

jeudi 16 mars 2017

République...




C'est un idéal qui n'a pas de frontières.
C'est un idéal qui ne date pas d'hier.
C'est un enfant né dans la guerre.
C'est un enfant  né en nos terres.

Pourtant, cette belle vision du monde,
Menacée par une tempête qui gronde,
Par les enfants d'une bête immonde,
Dansant ensemble une macabre ronde,

Est bel et bien mortelle, je vous le dis !
Aussi, avant que ne finisse cette comédie
Qui verra notre idéal monter au paradis
Dans les flammes d'un grand incendie,

Luttons !
Pensons !
Agissons !
Débattons !
Philosophons !


Et le jour venu, choisissons...
Et décidons !

dimanche 12 mars 2017

Je suis...


Au coeur du palais de Dieu
Retentit un bien sinistre cri.
Celui d'un homme jadis pieux,
D'un être damné à vil prix.

Celui d'un homme de foi,
Celui d'un homme de loi,
Celui d'un serviteur de roi,
Lui qui ne sert que Moi !

Car Dieu et Malin en vérité,
Sont le seul et même maître 
De cet homme enfin dépité,
Ressentant dans tout son être

La transcendance Divine,
L'immanence toute Maline
Du Créateur Tout-Puissant,
Du Destructeur omnipotent,

Les deux facettes d'un Tout
Qui se tient face à ce fou,
S'approche, puis l'envahit
Et chuchote à son esprit :


Je suis.

mercredi 8 mars 2017

Le seizième homme...


Dis Tonton ! Où est-ce que tu nous emmènes, hein ? J'ai mal aux pieds !
Eh bien mon cher neveu, je te connaissais davantage d'énergie ! N'est-ce pas toi qui hier encore jouais au foot dans le salon de tes parents et qui as maladroitement fait chuter un vase auquel ton père tenait tant ?
Mais c'est que le ballon, y...
Taratata, mon petit neveu favori. Tu as de la veine que ton papa soit si compréhensif avec toi. En un autre temps ç'aurait été la fessée et non la balade en forêt avec Tonton qui t'aurait attendue.
Puisque nous sommes en forêt, et puisque tu te demandes où nous allons, laisse-moi te conter une histoire.
Une histoire ?!
Oui, une histoire tragique, sombre et mystérieuse, où les mensonges officiels sont à demi-dévoilés et où le drame participe à une ambiance forestière bien obscure, au milieu des conifères.
Laisse-moi donc te raconter l'histoire de cet accident d'avion qui eut lieu ici même le 8 mars 1962.
Oh ouiii Tonton ! Vas-y raconte !

Tout prend racine en 1944. En effet, suite à la Libération, la France hébergea sur son propre sol pendant de nombreuses années des bases militaires américaines. Après tout, nous étions alliés et l'aide des soldats américains envers notre propre armée était la bienvenue. D'aucuns diront qu'il s'y jouait aussi de sombres tractations politiques, mais ce n'est pas de politique dont nous allons parler aujourd'hui.

En effet, en Normandie, la base militaire américaine d’Évreux, base aérienne, voyait ses soldats souvent s'exercer dans la région... Ou plus exactement dans le ciel de la région.
Un beau jour de mars, il y a de cela en fait exactement 55 ans, un de ces avions, avec à son bord quinze soldats américains de tous grades survolèrent cette parcelle d'Écouves dans laquelle nous marchons présentement.
Nul ne sait exactement ce qui arriva au pilote : erreur humaine, malaise, défaillance de l'appareil ou que sais-je... L'avion s'écrasa en plein milieu de la parcelle, tuant par là même ses seize occupants.

Tonton, tu divagues. Tu disais qu'ils étaient quinze, pas seize.

Non, je ne divague pas, mon cher neveu, et je suis ravi que tu aies pris la peine de relever ce détail.
Étaient-ils quinze ou seize, nul ne le sait.

Ben alors ?

Alors ? Il existe une rumeur persistante, toujours présente de nos jours, sur un seizième homme qui aurait été présent dans l'avion. Et c'est là que l'affaire s'obscurcit.
La rumeur parle d'un cuistot français de la base d’Évreux. Un cuistot qui aurait été invité par l'équipage de cet avion pour son baptême de l'air. Un cuistot que de nombreux soldats appréciaient aurait donc lui aussi perdu la vie dans ce crash.

Mais je comprends pas Tonton : comment on peut dire qu'il y avait un cuistot ? Qui c'est qui a rapporté ça ?

Nul ne le sait plus depuis longtemps, mon petit neveu. Ce que nous savons, c'est que cette rumeur démarra dans la base d’Évreux elle-même.
Toujours est-il qu'aujourd'hui encore, l'armée américaine garde la même version qu'elle tenait jadis, à savoir : quinze morts lors d'un bête accident d'avion lors d'une sortie de routine. Circulez, il n'y a rien à voir.

Mais Tonton, si ça se trouve, c'est vrai ?

Oui. Peut-être. Mais si ça se trouve, le fantôme du seizième homme rôde toujours... quelque part !

Pfff, Tonton, je crois plus aux fantômes !

In memoriam.

samedi 4 mars 2017

Le gant rouge...


Avez-vous déjà vu un objet sous un œil neuf ? Moi oui, c'était un jeudi de janvier...

Je me promène tous les jours depuis plus d'un an dans les rues de ma chère ville d'Alençon, à tel point que je ne passe plus tout à fait inaperçu. Certes, l'appareil photo attire aussi le regard des badauds ainsi que leurs remarques, questions ou suppliques de n'être surtout pas dans le champ au moment du déclenchement, c'est selon leur personnalité, leur humeur et leur intérêt pour cette activité passionnante qu'est la photographie.

Certains jours, je dois bien l'avouer, je rendre bredouille. Ou du moins, vide de belles images. J'ai beau mettre un point d'honneur à faire des photos tous les jours, on ne réussit pas de beaux clichés à chaque sortie, malheureusement.
Or donc, il s'agissait d'un de ces jours où, ne sachant trop quoi photographier, n'étant ni inspiré ni gâté par une météo attrayante, j'errais sans but précis du côté du Pont Neuf quand soudain...


... Une tache écarlate attira mon regard.
Déception ! Ce n'était qu'un gant d'enfant, d'un rouge pétant, déposé sur le socle de la statue commémorative du général Leclerc. A moins que... ?

Oui, à moins que cette tache presque sanguine ne réveille la manière de voir la statue, à moins que le fait de concentrer le regard sur cette incongruité pousse le contemplatif à réinventer son regard sur le monument ! A moins que je ne joue avec ce gant, nonchalamment  posé là, pour me jouer de l'ennui que peut provoquer une énième photo de cette statue !

Il me faut vous avouer qu'un membre éminent du club photo auquel j'appartiens s'est fait une spécialité des "points rouges" dans ses photos : l'idée étant de placer un élément rouge vif quelque part dans le cadre pour réveiller l'image et pousser le spectateur à scruter l'image, l'accrocher et le fixer devant l'image jusqu'à satiété. Pour tout vous dire ce photographe est même incontestablement l'un des meilleurs sinon le meilleur du club et il n'était que trop tentant pour moi de l'imiter, fût-ce le singer dans une pâle copie de son talent. Après tout, tout photographe amateur progresse en imitant les meilleurs.

Sur la somme totale des clichés que je pris alors de la statue gantée, de face, de profil, en grand, petit, de près, de loin... Une photo retint mon attention. Elle n'était pas particulièrement ingénieuse mais son aspect général me plut. Il fallait qu'elle finisse sur mon blog, dussé-je écrire un billet ennuyeux.

Dont acte.